Actes n°3 / Patrimoine matériel et immatériel dans les Sociétés des Suds et des Orients

Le glénti d’Olympos : transmission et valorisation d’un patrimoine immatériel

Nittis MÉLANIE

Résumé

Le glénti du village grec d’Olympos est une performance qui constitue un patrimoine immatériel. En effet, une des principales caractéristiques de ce glénti est de comporter une improvisation poétique chantée et accompagnée par des instruments. À travers les vers éphémères ainsi créés par les hommes, le glénti permet d’assurer la cohésion sociale de la communauté villageoise dont la plupart des membres vivent en émigration. Partie intégrante des coutumes du village, le glénti permet également aux hommes qui y participent d’affirmer leur appartenance à la communauté. Il existe ainsi une réelle importance de la transmission de la pratique du glénti aux jeunes générations, ainsi qu’une valorisation qui passe par l’utilisation des technologies numériques pour sauvegarder et diffuser ce patrimoine immatériel.

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<h2><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Introduction</span></span></span></h2> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Le <i>gl&eacute;nti<a href="#_ftn1" name="_ftnref1" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><b><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[1]</span></span></b></span></span></a></i> (au pluriel <i>gl&eacute;ntia</i>) du village d&rsquo;Olympos, situ&eacute; dans le nord de l&rsquo;&icirc;le de Karpathos en Gr&egrave;ce, est une performance rituelle et festive au cours de laquelle se pratique l&rsquo;improvisation po&eacute;tique chant&eacute;e. Cette pratique rituelle, omnipr&eacute;sente dans la vie de la communaut&eacute;, a obtenu r&eacute;cemment &ndash; en ao&ucirc;t 2020 &ndash; son inscription au Patrimoine Culturel Immat&eacute;riel de la Gr&egrave;ce. Cette reconnaissance s&rsquo;inscrit dans la d&eacute;marche de pr&eacute;servation de cette performance, qui est toujours pratiqu&eacute;e au sein de la communaut&eacute; villageoise aujourd&rsquo;hui, mais dont les membres craignent malgr&eacute; tout la disparition.</span></span></span></p> <p align="center" style="text-align:center"><img height="3000" src="https://www.numerev.com/img/ck_2614_3_image-20230129123508-1.jpeg" width="4000" /></p> <p align="center" style="text-align:center"><small><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Figure 1. Le village d&rsquo;Olympos (photo de l&rsquo;autrice, 2015)</span></span></span></small></p> <p><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Comme le souligne Jessica Roda, &laquo;&nbsp;il y a donc derri&egrave;re le concept [de patrimoine], l&rsquo;importance d&rsquo;un processus qui vise &agrave; s&eacute;lectionner, &agrave; mat&eacute;rialiser puis &agrave; institutionnaliser un objet ou une pratique [&hellip;] dont la vie sociale [&hellip;] renvoie &agrave; une identit&eacute; collective et individuelle&nbsp;&raquo; (2016, p.&nbsp;22). Elle ajoute qu&rsquo;&laquo;&nbsp;un tel projet s&rsquo;op&egrave;re souvent [&hellip;] lorsque la crainte de la perte s&rsquo;exprime individuellement et/ou collectivement.&nbsp;&raquo;</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Apr&egrave;s une br&egrave;ve pr&eacute;sentation du <i>gl&eacute;nti</i> &agrave; travers l&rsquo;explication de ses principales caract&eacute;ristiques, je montrerai ensuite comment cette performance constitue un rituel social qui assure la coh&eacute;sion de la communaut&eacute; villageoise. Enfin, je soulignerai de quelle mani&egrave;re cette communaut&eacute; valorise &agrave; travers le temps ce patrimoine immat&eacute;riel que constitue le <i>gl&eacute;nti</i>.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Ces r&eacute;flexions autour du <i>gl&eacute;nti</i> en tant que patrimoine immat&eacute;riel s&rsquo;appuient sur un travail de recherche men&eacute;e sur le terrain entre 2013 et 2019. L&rsquo;utilisation d&rsquo;analyses d&rsquo;improvisation po&eacute;tique chant&eacute;e au cours de diff&eacute;rents <i>gl&eacute;ntia<a href="#_ftn2" name="_ftnref2" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><b><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[2]</span></span></b></span></span></a></i> est compl&eacute;t&eacute;e par les &eacute;changes que je continue &agrave; avoir avec la communaut&eacute; villageoise.</span></span></span></p> <h2><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">La performance du gl&eacute;nti</span></span></span></strong></h2> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Le <i>gl&eacute;nti</i> appartient &agrave; la cat&eacute;gories des performances, lesquelles sont d&eacute;finies comme &laquo;&nbsp;des pratiques esth&eacute;tiques &ndash; des mod&egrave;les de comportement, des mani&egrave;res de parler, ou de se comporter au niveau du corps &ndash; dont les r&eacute;p&eacute;titions suivent les acteurs dans le temps et dans l&rsquo;espace, structurant des identit&eacute;s individuelles et collectives&nbsp;&raquo; (Kapchan, 1995, p.&nbsp;479). &Agrave; travers ces r&eacute;p&eacute;titions dans le temps et dans l&rsquo;espace, il est possible de d&eacute;finir un certain nombre de caract&eacute;ristiques relativement immuables que comportent ces performances du <i>gl&eacute;nti</i>.</span></span></span></p> <h2><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Les caract&eacute;ristiques du gl&eacute;nti</span></span></span></h2> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">&Agrave; Olympos, le <i>gl&eacute;nti</i> est une f&ecirc;te populaire qui se d&eacute;roule souvent en marge de c&eacute;l&eacute;brations religieuses qui rythment la vie du village. Il s&rsquo;agit soit de f&ecirc;tes communautaires, qui regroupent les f&ecirc;tes patronales et les grandes c&eacute;l&eacute;brations de la religion orthodoxe comme P&acirc;ques ou la Dormition de la Vierge, soit de f&ecirc;tes priv&eacute;es comme les fian&ccedil;ailles, les mariages ou les bapt&ecirc;mes.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Le terme <i>gl&eacute;nti</i> vient du mot turc <i>e</i><i>ğlenti</i>, qui signifie litt&eacute;ralement &laquo;&nbsp;divertissement&nbsp;&raquo;, mais qui rev&ecirc;t un caract&egrave;re s&eacute;rieux dans le village d&rsquo;Olympos. Ce divertissement rassemble les hommes autour d&rsquo;une table o&ugrave; ils consomment des boissons alcoolis&eacute;es tout en entonnant des chants, accompagn&eacute;s par des instruments. Le <i>gl&eacute;nti</i>, lorsque celui-ci se d&eacute;roule sur la place du village ou dans une maison priv&eacute;e, comporte aussi un moment d&rsquo;ex&eacute;cution de danses, auxquelles les femmes participent &eacute;galement.</span></span></span></p> <p align="center" style="text-align:center"><img height="3000" src="https://www.numerev.com/img/ck_2614_3_image-20230129123509-2.jpeg" width="4000" /></p> <p align="center" style="text-align:center"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Figure 2. Le <i>gl&eacute;nti</i> &agrave; Olympos (photo de l&rsquo;autrice, 2014)</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Au cours de cette performance qui dure des heures enti&egrave;res, les instruments jouent un r&ocirc;le important puisqu&rsquo;ils assurent un flot musical ininterrompu, en jouant des airs &agrave; chanter et &agrave; danser. Trois instruments sont pr&eacute;sents &agrave; Olympos&nbsp;: la cornemuse <i>tsampo</i><i>&uacute;na</i> et la vi&egrave;le <i>l</i><i>&yacute;ra</i> qui assurent les parties m&eacute;lodiques de la musique et le luth <i>lao</i><i>&uacute;to</i>, qui assure le r&ocirc;le rythmique et harmonique.</span></span></span></p> <p align="center" style="text-align:center"><img height="3000" src="https://www.numerev.com/img/ck_2614_3_image-20230129123509-3.jpeg" width="4000" /></p> <p align="center" style="text-align:center"><small><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Figure 3. Les instruments&nbsp;: <i>lao</i><i>&uacute;to</i> &ndash; <i>tsampo</i><i>&uacute;na</i> &ndash; <i>l</i><i>&yacute;ra</i> (photo de l&rsquo;autrice, 2019)</span></span></span></small></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Parmi les chants interpr&eacute;t&eacute;s, on trouve, d&rsquo;une part, des chants &agrave; texte po&eacute;tique non improvis&eacute;, dont les textes se transmettent oralement depuis la p&eacute;riode byzantine pour certains. Ces textes peuvent &ecirc;tre des ballades, des chants historiques, des chants d&rsquo;amour ou encore des chants acritiques. D&rsquo;autre part, on a des chants dont le texte po&eacute;tique est improvis&eacute; au cours de la performance par les hommes qui participent au <i>gl&eacute;nti</i>. Cette improvisation po&eacute;tique chant&eacute;e est incontournable et elle occupe la majeure partie de la f&ecirc;te.</span></span></span></p> <h2><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">L&rsquo;improvisation po&eacute;tique chant&eacute;e</span></span></span></h2> <p>Cette improvisation po&eacute;tique se r&eacute;alise sur des airs appel&eacute;s skopo&iacute; (au singulier skop&oacute;s), c&rsquo;est-&agrave;-dire des m&eacute;lodies qui servent de timbres pour chanter les vers cr&eacute;&eacute;s. Elle est toujours accompagn&eacute;e par les instruments &ndash; la vi&egrave;le l&yacute;ra et le luth lao&uacute;to, plus rarement la cornemuse tsampo&uacute;na &ndash; qui soutiennent les voix des chanteurs en jouant les diff&eacute;rents airs.</p> <p>Chaque improvisation consiste en un distique de vers de quinze syllabes se d&eacute;coupant en deux h&eacute;mistiches in&eacute;gaux de huit et sept syllabes respectivement, distique que l&rsquo;on nomme mantin&aacute;da (au pluriel mantin&aacute;des). Les vers du distique, improvis&eacute;s en dialecte local, doivent respecter des r&egrave;gles d&rsquo;accentuation de syllabes &ndash; celles qui sont accentu&eacute;es sont principalement des syllabes paires et il y a deux accents obligatoires, l&rsquo;un sur la sixi&egrave;me ou la huiti&egrave;me syllabe du vers et l&rsquo;autre sur la quatorzi&egrave;me &ndash; et doivent &ecirc;tre obligatoirement assonanc&eacute;s, voire rim&eacute;s.<br /> L&rsquo;improvisation se r&eacute;alise toujours h&eacute;mistiche par h&eacute;mistiche avec diff&eacute;rentes c&eacute;sures et r&eacute;p&eacute;titions, ainsi que l&rsquo;emploi d&rsquo;interjections, pour adapter le texte &agrave; la m&eacute;lodie. Le chanteur soliste improvise le premier h&eacute;mistiche, qui est aussit&ocirc;t repris selon un mode responsorial par les autres hommes formant un ch&oelig;ur, ce qui lui laisse le temps de pr&eacute;parer le second h&eacute;mistiche de son premier vers. Le proc&eacute;d&eacute; est r&eacute;p&eacute;t&eacute; pour chaque h&eacute;mistiche, &agrave; part le dernier, o&ugrave; il n&rsquo;y a g&eacute;n&eacute;ralement pas de reprise du ch&oelig;ur. Certains airs ont par ailleurs un refrain qui permet d&rsquo;allonger le temps de pr&eacute;paration pour le second vers du distique.</p> <p>Les th&egrave;mes d&eacute;velopp&eacute;s au cours de cette improvisation po&eacute;tique chant&eacute;e sont tous en lien avec la vie actuelle du village et des membres de la communaut&eacute; et sont donc ancr&eacute;s dans la contemporan&eacute;it&eacute; du moment. Les intercessions aux Saints, l&rsquo;&eacute;vocation des morts ou de la migration, le respect envers les anciennes g&eacute;n&eacute;rations, l&rsquo;accueil des expatri&eacute;s qui reviennent pour les f&ecirc;tes ou encore les &eacute;v&eacute;nements r&eacute;cents touchant le village, sont autant d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments sur lesquels les hommes improvisent.</p> <p>Cette improvisation est par ailleurs aid&eacute;e gr&acirc;ce &agrave; un contexte propice qui r&eacute;unit plusieurs ingr&eacute;dients n&eacute;cessaires &agrave; la stimulation po&eacute;tique. Tout d&rsquo;abord, la pr&eacute;sence des musiciens est indispensable pour inciter les chanteurs &agrave; prendre la parole, pour les soutenir dans leur chant ou dynamiser la f&ecirc;te. Ensuite, la pr&eacute;sence d&rsquo;un groupe d&rsquo;amis, appel&eacute; par&eacute;a, est n&eacute;cessaire pour que chacun trouve l&rsquo;inspiration et le soutien amical d&rsquo;hommes avec lesquels il a d&eacute;j&agrave; partag&eacute; de nombreux gl&eacute;ntia. Il faut ajouter &eacute;galement la prise de boisson alcoolis&eacute;e qui stimule aussi l&rsquo;inspiration et permet d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; un &eacute;tat physique et psychique propice au d&eacute;veloppement du k&eacute;fi. Sorte de bonne disposition mentale, le k&eacute;fi est &eacute;galement une &eacute;motion qui se traduit par l&rsquo;expression de la joie, mais aussi de la tristesse ou de la nostalgie, &agrave; travers des pleurs et des soupirs que l&rsquo;on partage par empathie.<br /> Cette forme br&egrave;ve est consid&eacute;r&eacute;e par les Olympiotes comme le premier moyen d&rsquo;expression qu&rsquo;ils utilisent presque quotidiennement et c&rsquo;est elle, en grande partie, qui permet au gl&eacute;nti d&rsquo;assurer la coh&eacute;sion sociale au c&oelig;ur d&rsquo;un village qui se d&eacute;peuple de plus en plus &agrave; cause de l&rsquo;&eacute;migration.</p> <h2><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">La coh&eacute;sion sociale par le <i>gl&eacute;nti</i></span></span></span></h2> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">M&ecirc;me si la communaut&eacute; olympiote est dispers&eacute;e dans le monde (Baltimore, New-York, Australie, Allemagne ou autres r&eacute;gions de Gr&egrave;ce notamment), elle reste profond&eacute;ment attach&eacute;e &agrave; son village d&rsquo;origine. En t&eacute;moignent les retours temporaires, mais r&eacute;guliers, dans ce village d&rsquo;Olympos pour participer aux <i>gl&eacute;ntia</i>, surtout &agrave; la p&eacute;riode de P&acirc;ques et durant le mois d&rsquo;ao&ucirc;t pour les deux autres f&ecirc;tes les plus importantes, la Dormition de la Vierge et la d&eacute;collation de saint Jean-Baptiste. Ces retours sont largement &eacute;voqu&eacute;s dans les distiques chant&eacute;s par les hommes&nbsp;:</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>To</i><i>&uacute;tin e</i><i>&aacute;re i giort</i><i>&iacute; e</i><i>&iacute;nai xechorism&eacute;ni</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Apo</i><i>&uacute; gyrno</i><i>&uacute;n eis to chori</i><i>&oacute; </i><i>&oacute;loi (oi) xenitem&eacute;noi</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Toute la f&ecirc;te ici se distingue</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Puisque reviennent dans le village tous les &eacute;migr&eacute;s (Dormition de la Vierge, ao&ucirc;t 2014)</span></span></p> <p style="text-align:justify">&nbsp;</p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>P</i><i>&oacute;s kamar</i><i>&oacute;no san ertho</i><i>&uacute; </i><i>&aacute;nthropoi ap</i><i>&oacute; ta x&eacute;na</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Ki ano</i><i>&iacute;xousi ta sp</i><i>&iacute;tia tous pou ta &rsquo;choun kleiom&eacute;na</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Combien je me r&eacute;jouis lorsque reviennent ceux qui sont &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Et qu&rsquo;ils ouvrent leurs maisons qu&rsquo;ils avaient ferm&eacute;es (P&acirc;ques, avril 2015)</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Ces exemples montrent &eacute;galement que le retour des &eacute;migr&eacute;s au village est un &eacute;v&eacute;nement attendu et dont les villageois se r&eacute;jouissent. En effet, il permet au village de s&rsquo;animer puisque l&rsquo;ouverture des maisons des &eacute;migr&eacute;s lui donne un caract&egrave;re plus vivant et la communaut&eacute; appara&icirc;t comme r&eacute;unifi&eacute;e durant le temps des f&ecirc;tes. Le <i>gl&eacute;nti</i> rev&ecirc;t donc un caract&egrave;re &eacute;minemment social.</span></span></span></p> <h2><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Du rituel social&hellip;</span></span></span></h2> <p>Plus la communaut&eacute; est dispers&eacute;e et plus le besoin de se retrouver quelque part tous ensemble se ressent. L&rsquo;Olympiote Antonios Pavlidis souligne qu&rsquo;&laquo;&nbsp;il faut avoir un endroit o&ugrave; tous les Olympiotes peuvent se rencontrer[3]&nbsp;&raquo;, et ce lieu de rassemblement unique est tout simplement le village d&rsquo;Olympos lui-m&ecirc;me, consid&eacute;r&eacute; et nomm&eacute; par les Olympiotes comme &laquo;&nbsp;village-m&egrave;re&nbsp;&raquo;. Cette expression &laquo;&nbsp;notre m&egrave;re Olympos&nbsp;&raquo; (I m&aacute;na mas i &Oacute;lympos) appara&icirc;t dans les conversations, mais &eacute;galement dans l&rsquo;improvisation po&eacute;tique&nbsp;:</p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Ti m</i><i>&aacute;na mas tin </i><i>&Oacute;lympo pol</i><i>&yacute; tin agapo</i><i>&uacute;me</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Na &rsquo;ste kai tou kairo</i><i>&uacute; kal</i><i>&aacute; kai p&aacute;li na vretho&uacute;me</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Notre m&egrave;re Olympos nous l&rsquo;aimons beaucoup</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Soyez en bonne sant&eacute; l&rsquo;an prochain et retrouvons-nous de nouveau (P&acirc;ques, avril 2015)</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">De ce fait, dans ce village dont on est originaire, qu&rsquo;on y soit n&eacute; ou non, on vient chercher la b&eacute;n&eacute;diction du pr&ecirc;tre, mais &eacute;galement celle du village lui-m&ecirc;me, ainsi que la protection des saints patrons des chapelles et &eacute;glises.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Par ailleurs, le <i>gl&eacute;nti</i>, v&eacute;ritable rituel social o&ugrave; les hommes se retrouvent pour dialoguer en chantant des distiques improvis&eacute;s, a un d&eacute;roulement extr&ecirc;mement codifi&eacute; par des r&egrave;gles implicites que chaque Olympiote se doit de respecter &ndash; tout &eacute;cart ou manquement &agrave; ces r&egrave;gles sociales &eacute;tant aussit&ocirc;t critiqu&eacute;. Tout cela se fait &agrave; travers la langue dialectale employ&eacute;e pour cr&eacute;er des vers po&eacute;tiques et comme le souligne Patrick Charaudeau, &laquo;&nbsp;il est clair que la langue est n&eacute;cessaire &agrave; la constitution d&rsquo;une identit&eacute; collective [et] qu&rsquo;elle garantit la coh&eacute;sion sociale d&rsquo;une communaut&eacute;&nbsp;&raquo; (2001, p.&nbsp;342).</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Cependant, &laquo;&nbsp;ce n&rsquo;est pas la langue qui t&eacute;moigne des sp&eacute;cificit&eacute;s culturelles, mais le discours&nbsp;&raquo; (Charaudeau, 2001, p.&nbsp;343) car Patrick Charaudeau nous explique, dans le prolongement des th&eacute;ories de Benveniste, que &laquo;&nbsp;la langue n&rsquo;est pas le tout du langage [&hellip;], elle n&rsquo;est rien sans le discours, c&rsquo;est-&agrave;-dire ce qui la met en &oelig;uvre, ce qui r&eacute;gule son usage et qui d&eacute;pend, par cons&eacute;quent, de l&rsquo;identit&eacute; de ses utilisateurs&nbsp;&raquo;. Ainsi, au cours de ce rituel, les hommes peuvent exprimer des remerciements ou des &eacute;loges, chanter &eacute;galement des intercessions aupr&egrave;s des Saints pour demander protection, sant&eacute;, mais aussi la possibilit&eacute; de revenir encore pour se retrouver, comme le montrent les exemples suivants&nbsp;:</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Na s&rsquo;&eacute;chei i Panagi</i><i>&aacute; kal</i><i>&aacute; na &rsquo;sai p</i><i>&aacute;nta kont</i><i>&aacute; mas</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Ki eg</i><i>&oacute; pol</i><i>&yacute; se cha</i><i>&iacute;romai pou &rsquo;sai sti syntrofi</i><i>&aacute; mas</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Que la Vierge te pr&eacute;serve en bonne sant&eacute;, que tu sois toujours pr&egrave;s de nous</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Moi aussi je me r&eacute;jouis beaucoup que tu sois en notre compagnie (P&acirc;ques, avril 2015)</span></span></p> <p style="text-align:justify">&nbsp;</p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Kan</i><i>&aacute;ki pr</i><i>otomerakl&iacute; poll&aacute; sou chreosto&uacute;me</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Giat</i><i>&iacute; poll</i><i>&aacute; mas &eacute;mathes kai se efcharisto</i><i>&uacute;me</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Kanakis premier <i>merakl</i><i>&iacute;s<a href="#_ftn4" name="_ftnref4" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><b><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[4]</span></span></b></span></span></a></i> nous te devons beaucoup</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Parce que tu nous as appris beaucoup et nous te remercions (P&acirc;ques, avril 2015)</span></span></p> <p style="text-align:justify">&nbsp;</p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>I dexiotechn</i><i>&iacute;</i><i>a sou kai i kal</i><i>&iacute;</i><i> kardi</i><i>&aacute;</i><i> sou</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Kef</i><i>&iacute;</i><i>zei, Gi</i><i>&aacute;</i><i>nni Balask</i><i>&aacute;</i><i>, </i><i>&oacute;</i><i>poios glent</i><i>&aacute;</i><i> kont</i><i>&aacute;</i><i> sou</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Ta dext&eacute;rit&eacute; ainsi que ton grand c&oelig;ur</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Apportent la gaiet&eacute;, Giannis Balaskas, &agrave; quiconque festoie pr&egrave;s de toi (P&acirc;ques, avril 2015)</span></span></p> <p style="text-align:justify">&nbsp;</p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Na vo</i><i>&iuml;th</i><i>&aacute;eis </i><i>&Aacute;gie k</i><i>&aacute;the proskinit</i><i>&iacute; Sou</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Kai k</i><i>&aacute;the chr</i><i>&oacute;no f&eacute;rne tous gia na &rsquo;sai sti giort</i><i>&iacute; Sou</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Apporte protection, Saint, &agrave; chacun de tes adorateurs</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Et chaque ann&eacute;e fais-les venir pour qu&rsquo;ils soient pr&eacute;sents (D&eacute;collation de saint </span><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Jean‑Baptiste, ao&ucirc;t 2014)</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Les deux premiers exemples s&rsquo;adressent &agrave; un vieil homme de 90 ans, Giorgos Kanakis, reconnu comme un improvisateur hors pair et dont la pr&eacute;sence lors des <i>gl&eacute;ntia</i> est un honneur. Il est ainsi d&eacute;sign&eacute; comme premier <i>merakl</i><i>&iacute;s</i> et &agrave; ce titre, il est remerci&eacute; car il a beaucoup contribu&eacute; &agrave; la transmission du <i>gl&eacute;nti</i>. Le chanteur pr&eacute;cise que les villageois lui sont redevables, exprimant ainsi une conception de la communaut&eacute; qui consid&egrave;re qu&rsquo;elle a des obligations envers quelqu&rsquo;un qui apporte quelque chose au village. L&rsquo;intercession aupr&egrave;s de la Vierge pour lui accorder la sant&eacute; s&rsquo;inscrit dans la reconnaissance qu&rsquo;on lui accorde et dans la volont&eacute; qu&rsquo;il puisse encore participer aux prochains <i>gl&eacute;ntia</i>. Le troisi&egrave;me exemple est un &eacute;loge qui s&rsquo;adresse &agrave; un excellent musicien multi-instrumentiste et qui est engag&eacute; dans la transmission des coutumes aupr&egrave;s des jeunes gens. Le dernier exemple est une intercession adress&eacute;e &agrave; saint Jean-Baptiste, dont les Olympiotes comm&eacute;morent la d&eacute;collation, afin de lui demander d&rsquo;accorder sa protection, laquelle permettra &agrave; chacun de revenir chaque ann&eacute;e.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Ces exemples sont directement li&eacute;s &agrave; l&rsquo;identit&eacute; des villageois qui se sentent Olympiotes m&ecirc;me s&rsquo;ils vivent &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger. C&rsquo;est la raison pour laquelle les chanteurs font toujours allusion dans leurs distiques aux relations sociales et familiales et qu&rsquo;il est difficile pour quelqu&rsquo;un qui ne les conna&icirc;t pas de comprendre ce qui est chant&eacute;.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Par ailleurs, ce qui est important est la mani&egrave;re dont ces propos sont dits, autrement dit le fait qu&rsquo;ils soient chant&eacute;s en vers et qu&rsquo;ils sont le reflet de &laquo;&nbsp;l&rsquo;univers des strat&eacute;gies sociales&nbsp;&raquo; (Cerclet, cit&eacute; dans Der&egrave;ze, 2005, p.&nbsp;51).</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">En participant au <i>gl&eacute;nti</i>, on entretient donc les relations sociales qui permettent d&rsquo;assurer la coh&eacute;sion de la communaut&eacute;, mais &eacute;galement de r&eacute;affirmer son appartenance &agrave; celle-ci.</span></span></span></p> <h2><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">&hellip; Au rituel d&rsquo;agr&eacute;gation</span></span></span></h2> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Le <i>gl&eacute;nti</i> se pr&eacute;sente donc &eacute;galement comme un rituel d&rsquo;agr&eacute;gation. &Agrave; travers l&rsquo;improvisation po&eacute;tique chant&eacute;e de distiques &eacute;ph&eacute;m&egrave;res, les hommes montrent en effet qu&rsquo;ils ma&icirc;trisent les diff&eacute;rents codes du <i>gl&eacute;nti</i>, au cours duquel ils remettent en jeu, en quelque sorte, leur appartenance &agrave; la communaut&eacute;. Cela s&rsquo;effectue dans une modalit&eacute; proche de la joute oratoire puisqu&rsquo;au moment de leur prise de parole po&eacute;tique et chant&eacute;e, mais &eacute;galement simplement par leur seule fa&ccedil;on de se comporter et d&rsquo;&ecirc;tre pr&eacute;sent, les hommes sont soumis au jugement implicite de la communaut&eacute; qui v&eacute;rifie la conformit&eacute; par rapport aux codes culturels et sociaux. De ce fait, il est possible d&rsquo;entendre chanter sous forme de distiques des reproches adress&eacute;s &agrave; certains hommes pr&eacute;sents lors du <i>gl&eacute;nti</i> et qui ne respectent pas les codes&nbsp;:</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Em&eacute;na de mou dos</i><i>&aacute;si ap</i><i>&oacute; to k&eacute;rasm</i><i>&aacute; sou</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Ma as e</i><i>&iacute;nai kalorr</i><i>&iacute;zika koump</i><i>&aacute;ro ta paidi&aacute; sou</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">&Agrave; moi on ne m&rsquo;a pas servi un verre de ta tourn&eacute;e</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Mais que tes enfants, mon cher, soient heureux (Dormition de la Vierge, ao&ucirc;t 2014)</span></span></p> <p style="text-align:justify">&nbsp;</p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Ap</i><i>&aacute;ntisi den </i><i>&iacute;dose mou pi</i><i>&aacute;ne to piot&oacute; tou</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Es</i><i>&yacute; &rsquo;nain </i><i>&iacute;sos ti seir</i><i>&aacute; sto t&oacute;po to dik&oacute; sou</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Il n&rsquo;a pas donn&eacute; de r&eacute;ponse, sa boisson me reproche</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">C&rsquo;est &agrave; ton tour de chanter dans ta propre contr&eacute;e (Dormition de la Vierge, ao&ucirc;t 2014)</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Dans le premier exemple, le chanteur &ndash; qui est &eacute;galement instrumentiste &ndash; mentionne le fait qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; oubli&eacute; lors de la tourn&eacute;e offerte par un homme qui a c&eacute;l&eacute;br&eacute; r&eacute;cemment les fian&ccedil;ailles de sa fille. Son premier vers sonne comme un reproche, mais avec le second vers, le chanteur indique que malgr&eacute; tout, il ne lui en tient pas rigueur. Le second exemple concerne un jeune homme de retour au village apr&egrave;s son service militaire et qui a offert une tourn&eacute;e &agrave; cette occasion. De nombreux distiques &eacute;logieux lui sont adress&eacute;s et il est attendu qu&rsquo;il y r&eacute;ponde en improvisant. Cependant, il ne le fait pas et quelqu&rsquo;un change de th&egrave;me. C&rsquo;est alors qu&rsquo;un chanteur explique que le jeune homme n&rsquo;a pas respect&eacute; la coutume puisqu&rsquo;il n&rsquo;a pas r&eacute;pondu et, en s&rsquo;adressant directement au jeune homme dans son second vers, il lui dit qu&rsquo;il doit chanter. Le non respect des codes du <i>gl&eacute;nti </i>qui est ici point&eacute; du doigt fragilise l&rsquo;appartenance du jeune homme &agrave; la communaut&eacute;.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify">De plus, cette appartenance &agrave; la communaut&eacute; rev&ecirc;t un caract&egrave;re identitaire car elle s&rsquo;affirme par le fait d&rsquo;&laquo;&nbsp;&ecirc;tre un Olympiote&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;&Ecirc;tre un Olympiote est un art difficile [5]&nbsp;&raquo; (Caraveli, 1985, p.&nbsp;259) qu&rsquo;il faut entretenir, et qui est ancr&eacute; dans un processus, lequel change au cours du temps. En effet, la d&eacute;finition de l&rsquo;identit&eacute; Olympiote n&rsquo;est pas fixe et elle s&rsquo;adapte au fil du temps aux nouvelles conditions de vie des membres de la communaut&eacute;. Le gl&eacute;nti refl&egrave;te &eacute;galement cela car il est une perp&eacute;tuelle adaptation &agrave; la situation de l&rsquo;instant pr&eacute;sent, tout en s&rsquo;inscrivant dans le respect de ce que les Olympiotes appellent leurs coutumes.</p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">En ce sens, le <i>gl&eacute;nti</i> est, certes, un patrimoine immat&eacute;riel, mais surtout un patrimoine culturel vivant c&rsquo;est-&agrave;-dire, &laquo;&nbsp;l&rsquo;h&eacute;ritage transmis oralement et dont l&rsquo;expression constitue une forme d&rsquo;appropriation et d&rsquo;interpr&eacute;tation li&eacute;e &agrave; la fois au pass&eacute;, au pr&eacute;sent et au futur&nbsp;&raquo;, selon la d&eacute;finition de Marie-Christine Parent (2010, p.&nbsp;137). En effet, d&rsquo;apr&egrave;s G&eacute;rard Der&egrave;ze, ce concept de patrimoine vivant &laquo;&nbsp;vise &agrave; identifier l&rsquo;ensemble des traditions ou pratiques sociales inscrites dans la vie quotidienne d&rsquo;une communaut&eacute; et soutenues par l&rsquo;action de personnes ou institutions &ldquo;d&eacute;positaires-relais&rdquo; de la transmission qui caract&eacute;risent et construisent ainsi son identit&eacute; culturelle&nbsp;&raquo; (2005, p.&nbsp;49).</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">La performance du <i>gl&eacute;nti</i> est donc n&eacute;cessaire au maintien de la coh&eacute;sion sociale de la communaut&eacute; qui s&rsquo;y renforce &agrave; chaque fois, en m&ecirc;me temps que s&rsquo;y reconstruit l&rsquo;expression &laquo;&nbsp;&ecirc;tre un Olympiote&nbsp;&raquo;. L&rsquo;importance que la communaut&eacute; accorde au <i>gl&eacute;nti</i> est soulign&eacute;e par le fait que les Olympiotes sont attentifs &agrave; la valorisation de cette performance.</span></span></span></p> <h2><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">La valorisation du <i>gl&eacute;nti</i> &agrave; travers le temps et l&rsquo;espace</span></span></span></h2> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Dans un premier temps, la valorisation du <i>gl&eacute;nti</i> passe par la transmission de ce patrimoine immat&eacute;riel, en particulier parmi les membres de la communaut&eacute; qui vivent en dehors du village. Cette transmission est assur&eacute;e notamment par les diff&eacute;rentes associations des Olympiotes expatri&eacute;s qui ont vu le jour dans les pays d&rsquo;accueil.</span></span></span></p> <h2><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Le r&ocirc;le des associations</span></span></span></h2> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Les principales associations des Olympiotes expatri&eacute;s &ndash; cr&eacute;&eacute;es respectivement en 1948 au Pir&eacute;e (Gr&egrave;ce), en 1952 &agrave; Baltimore (&Eacute;tats-Unis) et en 1972 &agrave; Rhodes (Gr&egrave;ce) &ndash; jouent un r&ocirc;le primordial dans les relations entre les expatri&eacute;s et ceux rest&eacute;s au village, mais &eacute;galement dans la transmission et la m&eacute;moire de l&rsquo;h&eacute;ritage culturel. L&rsquo;association des Olympiotes de Baltimore d&eacute;clare ainsi&nbsp;: &laquo;&nbsp;nous nous sommes constitu&eacute;s pour pr&eacute;server les traditions d&rsquo;Olympos en Am&eacute;rique&nbsp;&raquo;.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Une des activit&eacute;s significatives qui ont &eacute;t&eacute; mises en place par ces associations est tout ce qui concerne ce que nous pouvons appeler la p&eacute;dagogie musicale. L&rsquo;&eacute;loignement du village d&rsquo;origine, o&ugrave; l&rsquo;on apprend essentiellement par impr&eacute;gnation la musique et le chant, entra&icirc;ne la cr&eacute;ation de cours collectifs d&rsquo;instruments, de chant et de danse o&ugrave; il est possible d&rsquo;apprendre et de s&rsquo;exercer. L&rsquo;association des Olympiotes de Baltimore pr&eacute;cise ainsi que&nbsp;:</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">lorsque les le&ccedil;ons ont commenc&eacute;, [elle] a enseign&eacute; &agrave; plusieurs dizaines de jeunes Olympiotes les premi&egrave;res notes de chanson et les premiers pas de danse. Il ne faut pas oublier que pour la plupart de ces enfants, cela &eacute;tait leur seul moyen de contact avec la culture olympiote puisqu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas la possibilit&eacute; de voyager et de se rendre &agrave; Karpathos. (<i>Voyage from Olympos</i>, 2003, p.&nbsp;26)</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Des le&ccedil;ons de ce type sont &eacute;galement mises en place dans le village lui-m&ecirc;me, durant l&rsquo;&eacute;t&eacute;, au moment o&ugrave; les jeunes sont retourn&eacute;s en famille &agrave; Olympos pour les f&ecirc;tes, afin de poursuivre l&rsquo;apprentissage et l&rsquo;entra&icirc;nement effectu&eacute;s pendant l&rsquo;ann&eacute;e. Un des Olympiotes qui assurent ces le&ccedil;ons estivales, Manolis Balaskas, en explique ainsi les raisons&nbsp;:</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Ils apprennent et le chant et &agrave; jouer des instruments parce que nous voulons transmettre nos us et coutumes aux jeunes g&eacute;n&eacute;rations. Qu&rsquo;ils apprennent &agrave; chanter, qu&rsquo;ils perp&eacute;tuent notre culture et plus g&eacute;n&eacute;ralement nos coutumes. Que les enfants les apprennent et qu&rsquo;&agrave; leur tour ils les transmettent aux g&eacute;n&eacute;rations suivantes<a href="#_ftn6" name="_ftnref6" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[6]</span></span></span></span></a>.</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Dans les distiques improvis&eacute;s, les hommes rappellent r&eacute;guli&egrave;rement l&rsquo;importance de ces coutumes et de l&rsquo;implication des jeunes g&eacute;n&eacute;rations auxquelles il est primordial de transmettre l&rsquo;art de l&rsquo;improvisation, mais aussi le chant, la danse et le jeu des instruments de musique, &eacute;l&eacute;ments indispensables au respect des coutumes du village&nbsp;:</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>I neola</i><i>&iacute;</i><i>a ta agap</i><i>&aacute;</i><i> kai the na ta tiro</i><i>&uacute;</i><i>si</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Ta &eacute;thima tou t</i><i>&oacute;pou mas pou par</i><i>&oacute;loi na zo</i><i>&uacute;si</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">La jeunesse les aime et elle veut les respecter</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Les coutumes de notre contr&eacute;e que tous vivent ensemble (P&acirc;ques, avril 2014)</span></span></p> <p style="text-align:justify">&nbsp;</p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Ta ni</i><i>&aacute;ta na pros&eacute;xousi mi p</i><i>&aacute;ei katap&eacute;si</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Ta &eacute;thima na ta vast</i><i>&aacute; p</i><i>&aacute;nta sti pr</i><i>&oacute;ti th&eacute;si</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Que la jeunesse fasse attention qu&rsquo;elle<a href="#_ftn7" name="_ftnref7" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[7]</span></span></span></span></a> ne s&rsquo;effondre pas</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Qu&rsquo;ils portent les coutumes toujours &agrave; la premi&egrave;re place (P&acirc;ques, avril 2014)</span></span></p> <p style="text-align:justify">&nbsp;</p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Ta &eacute;thima tou t</i><i>&oacute;pou mas </i><i>&oacute;loi ta agapo</i><i>&uacute;si</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Kai cha</i><i>&iacute;romai pou oi n&eacute;oi mas sost</i><i>&aacute; skali</i><i>&aacute; pato</i><i>&uacute;si</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Les coutumes de chez nous, ils les aiment tous</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Et je me r&eacute;jouis que nos jeunes gravissent les bons &eacute;chelons (P&acirc;ques, avril 2015)</span></span></p> <p style="text-align:justify">&nbsp;</p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>E</i><i>&iacute;nai pali</i><i>&aacute; par</i><i>&aacute;dosi ki </i><i>&oacute;loi mas ti chrosto</i><i>&uacute;me</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Ta &eacute;thima tou t</i><i>&oacute;pou mas psil</i><i>&aacute; na ta vasto</i><i>&uacute;me</i></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">C&rsquo;est une tradition ancienne et tous, nous lui devons</span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">De placer haut les coutumes de notre village (P&acirc;ques, avril 2015)</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Ces quelques exemples rappellent &eacute;galement l&rsquo;id&eacute;e de &laquo;&nbsp;devoir&nbsp;&raquo; des villageois envers les coutumes car elles sont en quelque sorte un don qui leur a &eacute;t&eacute; accord&eacute; et qu&rsquo;elles sont au c&oelig;ur de l&rsquo;identit&eacute; olympiote. Ces coutumes traversent le temps et les anciens comptent sur les plus jeunes pour continuer &agrave; les faire vivre et pr&eacute;server ainsi la coh&eacute;sion sociale des Olympiotes, m&ecirc;me s&rsquo;ils sont dispers&eacute;s dans le monde.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Une autre activit&eacute; int&eacute;ressante &agrave; mentionner est la partie &eacute;ditoriale de ces associations, qui permet la transmission de la culture &agrave; travers la mise en m&eacute;moire. La publication de journaux, de livres, mais &eacute;galement de disques ou DVD &agrave; partir de r&eacute;cits ou de sources cr&eacute;&eacute;s par les Olympiotes maintient le lien social et culturel de la communaut&eacute;. D&rsquo;une part, les journaux <i>La voix d&rsquo;Olympos</i> et <i>Olympos</i>, diffus&eacute;s &agrave; la fois en version papier et en version &eacute;lectronique, permettent de diffuser toutes les informations relatives &agrave; la communaut&eacute;&nbsp;: les diff&eacute;rentes activit&eacute;s men&eacute;es par les associations, des informations pratiques concernant la vie quotidienne du village, des rubriques de la vie sociale mentionnant les naissances, bapt&ecirc;mes, mariages ou d&eacute;c&egrave;s, ainsi que des articles relatant des histoires ou anecdotes anciennes concernant la vie du village autrefois. D&rsquo;autre part, la publication des enregistrements audio ou vid&eacute;o amateurs r&eacute;alis&eacute;s par des Olympiotes au cours de <i>gl&eacute;ntia</i> permet d&rsquo;assurer un travail de diffusion du patrimoine aupr&egrave;s de la communaut&eacute; et de constituer des archives. L&rsquo;association du Pir&eacute;e a ainsi &eacute;dit&eacute; plusieurs CD dont certains ont &eacute;t&eacute; offerts aux familles olympiotes &agrave; l&rsquo;occasion du nouvel an.</span></span></span></p> <h2><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">L&rsquo;utilisation des moyens techniques modernes</span></span></span></h2> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Dans un second temps, la valorisation et la transmission de ce patrimoine immat&eacute;riel sont facilit&eacute;es par l&rsquo;utilisation des nouvelles technologies. Il faut souligner ici le r&ocirc;le pr&eacute;pond&eacute;rant dans ce domaine des radios locales, d&eacute;di&eacute;es &agrave; la culture d&rsquo;Olympos. La premi&egrave;re, <i>Radio Olympos</i>, cr&eacute;&eacute;e en 1988, assure notamment une &eacute;mission participative journali&egrave;re au cours de laquelle l&rsquo;animateur, Giannis Prearis, diffuse des extraits musicaux relevant de la culture olympiote, mais &eacute;galement des messages ou appels re&ccedil;us de la part des Olympiotes du monde entier. La seconde, <i>Radiotsambouno</i>, cr&eacute;&eacute;e plus r&eacute;cemment en 2014, a pour but de promouvoir la musique d&rsquo;Olympos, qu&rsquo;elle diffuse 24h sur 24 par le biais d&rsquo;internet.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Les morceaux diffus&eacute;s sont issus d&rsquo;archives num&eacute;riques constitu&eacute;es gr&acirc;ce au recensement de tous les enregistrements disponibles, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de disques publi&eacute;s ou bien de captations priv&eacute;es d&rsquo;amateurs, qui deviennent un &laquo;&nbsp;fragment de la m&eacute;moire<b> </b>collective&nbsp;&raquo; (de Kuyper, 1995, p.&nbsp;13). En effet, &laquo;&nbsp;les souvenirs individuels, une fois accumul&eacute;s, peuvent &ecirc;tre convertis en une m&eacute;moire sociale et collective lorsqu&rsquo;ils passent par l&rsquo;interm&eacute;diaire de r&eacute;seaux virtuels&nbsp;&raquo; (Clarke, cit&eacute;e dans Knifton, 2012, p.&nbsp;52).</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Il n&rsquo;est pas &eacute;tonnant de constater que les Olympiotes privil&eacute;gient les captations sonores &ndash; qu&rsquo;ils s&rsquo;&eacute;changent souvent au moyen des r&eacute;seaux sociaux de type Facebook ou WhatsApp, ainsi que des cha&icirc;nes You Tube favorisant le direct &ndash;, et non les transcriptions &eacute;crites, afin de conserver une trace de leur improvisation po&eacute;tique chant&eacute;e sous forme de distiques de l&rsquo;instant, lesquels sont par nature &eacute;ph&eacute;m&egrave;res. En effet, &laquo;&nbsp;la pr&eacute;servation du patrimoine immat&eacute;riel &agrave; travers le medium social et participatif du Web 2.0 offre actuellement un moyen de sauvegarder des pratiques de performance qui peuvent maintenir leur dynamisme et leur potentiel de variation<a href="#_ftn8" name="_ftnref8" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[8]</span></span></span></span></a>&nbsp;&raquo; (Pietrobruno, 2009, p.&nbsp;244). Ainsi, la patrimonialisation du <i>gl&eacute;nti</i> en vue de sa conservation m&eacute;morielle peut se r&eacute;aliser sans le figer dans une forme unique et statique, en tenant compte de son caract&egrave;re performatif.</span></span></span></p> <h2 style="text-align: justify;">Conclusion</h2> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Au sein de la communaut&eacute; olympiote, malgr&eacute; le fait qu&rsquo;elle soit dispers&eacute;e &agrave; travers le monde, il existe une r&eacute;elle volont&eacute; de sauvegarder et de valoriser la performance du <i>gl&eacute;nti</i>, ce patrimoine immat&eacute;riel, mais vivant, qui permet &agrave; la fois de marquer l&rsquo;appartenance &agrave; une identit&eacute; culturelle villageoise et de garantir la coh&eacute;sion sociale d&rsquo;une communaut&eacute;. Les Olympiotes se mobilisent donc pour ce qu&rsquo;ils nomment leur tradition, laquelle est vivante et s&rsquo;inscrit dans un processus dynamique. Le terme de tradition est compris ici dans le sens que lui donne Bernard Lortat-Jacob lorsqu&rsquo;il &eacute;crit que &laquo;&nbsp;pour pouvoir &ecirc;tre d&eacute;nomm&eacute;e comme telle, une tradition se (re)construit chaque jour&nbsp;; elle est donc fondamentalement active et, productrice de sens, elle mobilise ses acteurs&nbsp;&raquo; (1999, p.&nbsp;165).</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">De plus, la performance du <i>gl&eacute;nti</i> permet de d&eacute;finir &agrave; chaque fois les liens entre l&rsquo;individuel et le collectif au sein de la communaut&eacute;, et elle sert de lien, au fil du temps, entre le pass&eacute; et le pr&eacute;sent, afin de pr&eacute;parer l&rsquo;avenir. Cette pr&eacute;paration de l&rsquo;avenir est per&ccedil;ue comme une r&eacute;ponse &agrave; l&rsquo;angoisse de la disparition de ce patrimoine qu&rsquo;est le <i>gl&eacute;nti</i> puisque celui-ci est intrins&egrave;quement li&eacute; au concept identitaire d&rsquo;&laquo;&nbsp;&ecirc;tre un Olympiote&nbsp;&raquo;. Cela peut &ecirc;tre confirm&eacute; par le fait que &laquo;&nbsp;l&rsquo;objet patrimonial qu&rsquo;il faut conserver, restaurer ou &ldquo;valoriser&rdquo; est toujours d&eacute;crit comme un marqueur de l&rsquo;identit&eacute; d&rsquo;un groupe&nbsp;&raquo; (Candau, 1998, p.&nbsp;156).</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Par ailleurs, &agrave; travers l&rsquo;inscription au patrimoine culturel immat&eacute;riel de la Gr&egrave;ce et la multiplication de la constitution d&rsquo;archives sonores et visuelles, l&rsquo;affirmation de cette identit&eacute; patrimoniale peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e avant tout comme une mani&egrave;re d&rsquo;affirmer voire de r&eacute;affirmer que l&rsquo;identit&eacute; olympiote est attach&eacute;e &agrave; un territoire qu&rsquo;elle veut valoriser. Elle peut probablement &ecirc;tre comprise aussi comme le moyen de r&eacute;sister et de pr&eacute;server leur identit&eacute; culturelle locale dans une p&eacute;riode o&ugrave; le tourisme s&rsquo;est d&eacute;velopp&eacute; massivement dans l&rsquo;&icirc;le, entra&icirc;nant un afflux d&rsquo;&eacute;trangers dans le village au moment des c&eacute;l&eacute;brations festives. Ces &eacute;trangers, selon la communaut&eacute; olympiote, peuvent se montrer peu soucieux de respecter ce rituel du <i>gl&eacute;nti</i>. Les Olympiotes esp&egrave;rent sans doute que cette inscription au patrimoine immat&eacute;riel permettra une plus grande sensibilisation &agrave; l&rsquo;importance de ce patrimoine, qui entra&icirc;nera par cons&eacute;quent son respect.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Dans son communiqu&eacute; annon&ccedil;ant l&rsquo;inscription du <i>gl&eacute;nti</i> au patrimoine culturel immat&eacute;riel de la Gr&egrave;ce, l&rsquo;association des Olympiotes du Pir&eacute;e &eacute;crit que &laquo;&nbsp;le <i>gl&eacute;nti</i>, pour nous les Olympiotes, est [&hellip;] notre identit&eacute; collective. [&hellip;] Nous continuons et nous continuerons &eacute;ternellement &agrave; transmettre le flambeau du rituel du <i>gl&eacute;nti</i> et des coutumes aux plus jeunes g&eacute;n&eacute;rations, exactement comme nous les avons re&ccedil;us<a href="#_ftn9" name="_ftnref9" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[9]</span></span></span></span></a>.&nbsp;&raquo;</span></span></span></p> <h2><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><b>R&eacute;f&eacute;rences bibliographiques</b></span></span></span></h2> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Bartellini, F. (2002). <i>Giannis et les autres</i>, documentaire, Les Films du Village/Mezzo/ERT SA ET1.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Candau, J. (1998). <i>M&eacute;moire et identit&eacute;</i>. Paris&nbsp;: PUF.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Caraveli, A. (1985). The Symbolic Village: Community Born in Performance. <i>The Journal of American Folklore</i>, vol. 98 n&deg;389, 259-286.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Charandeau, P. (2001). Langue, discours et identit&eacute; culturelle. <i>Ela. Etudes de linguistique appliqu&eacute;e</i>, n&deg;123-124, 341-348.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Charles-Dominique, L. (2013). La patrimonialisation des formes musicales et artistiques. Anthropologie d&rsquo;une notion probl&eacute;matique. <i>Ethnologies</i>, vol.&nbsp;35, n&deg;1, 75-101.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">De Kuyper, E. (1995). Aux origines du cin&eacute;ma&nbsp;: le film de famille. In&nbsp;: Odin, R. (dir.), <i>Le film de famille. Usage priv&eacute;, usage public</i>. Paris&nbsp;: M&eacute;ridiens Klincksick, 11-26.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Der&egrave;ze G. (2005), De la culture populaire au patrimoine immat&eacute;riel. <i>Herm&egrave;s, La Revue</i>, n&deg;42, 47‑53.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><span lang="EN-US" style="letter-spacing:-.5pt">Kapchan, D. (1995). Performance. <i>The Journal of American Folklore</i>, vol.&nbsp;108, n&deg;430, 479-508.</span></span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><span lang="EN-US" style="letter-spacing:-.5pt">Knifton, R. (2012). </span><span style="letter-spacing:-.5pt">La musique, la m&eacute;moire et l&rsquo;objet absent dans les archives num&eacute;riques. <i>Questions de communication</i>, vol.&nbsp;22, &laquo;&nbsp;Patrimonialiser les musiques populaires et actuelles&nbsp;&raquo;, 45-56.</span></span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/6822" style="color:blue; text-decoration:underline">https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/6822</a>.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Lortat-Jacob, B. (1999). Derri&egrave;re la sc&egrave;ne&nbsp;: le point de vue de l&rsquo;ethnologue. <i>Internationale de l&rsquo;imaginaire</i>, n&deg;11, 156-171.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Parent, M.-Ch. (2010). La patrimonialisation et l&rsquo;appropriation des traditions musicales&nbsp;: quelques exemples br&eacute;siliens. <i>Les cahiers de la Soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise de recherche en musique</i>, vol.&nbsp;11, n&deg;1-2, 137-147.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Pietrobruno, S. (2009). Cultural Research and Intangible Heritage. <i>Culture Ubound. Journal of Current Cultural Research,</i> vol.&nbsp;1, 227-247.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="https://www.researchgate.net/publication/45183059_Cultural_Research_and_Intangible_Heritage" style="color:blue; text-decoration:underline"><span lang="EN-US" style="letter-spacing:-.3pt">https://www.researchgate.net/publication/45183059_Cultural_Research_and_Intangible_Heritage</span></a>. </span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">Roda, J. (2016). Le patrimoine &agrave; la lumi&egrave;re de l&rsquo;ethnomusicologie. Collaboration, implication et r&eacute;flexivit&eacute;. <i>Cahiers d&rsquo;ethnomusicologie</i>, vol.&nbsp;29, &laquo;&nbsp;Ethnomusicologie appliqu&eacute;e&nbsp;&raquo;, 19-35.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="https://journals.openedition.org/ethnomusicologie/2583" style="color:blue; text-decoration:underline">https://journals.openedition.org/ethnomusicologie/2583</a>.</span></span></span></p> <p style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><i>Voyage from Olympos. 50 years in Baltimore/</i><i>&Omicron;&delta;&omicron;&iota;&pi;&omicron;&rho;&iota;&kappa;ό</i><i> </i><i>&alpha;&pi;ό</i><i> </i><i>&tau;&eta;&nu;</i><i> </i><i>Ό&lambda;&upsilon;&mu;&pi;&omicron;</i><i>. </i><i>50 &chi;&rho;ό&nu;&iota;&alpha; &sigma;&tau;&eta;&nu; &Beta;&alpha;&lambda;&tau;&iota;&mu;ό&rho;&eta;</i> (2003). Baltimore&nbsp;: Olympian Brotherhood of America.</span></span></span></p> <div>&nbsp; <hr align="left" size="1" width="33%" /> <div id="ftn1"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[1]</span></span></span></span></a> Toutes les transcriptions des mots grecs en caract&egrave;res latins respectent la norme ISO 843 (1997).</span></span></p> </div> <div id="ftn2"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="#_ftnref2" name="_ftn2" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[2]</span></span></span></span></a> Les vers improvis&eacute;s cit&eacute;s en exemple dans cet article ont &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;s, transcrits et traduits par l&rsquo;autrice.</span></span></p> </div> <div id="ftn3"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="#_ftnref3" name="_ftn3" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[3]</span></span></span></span></a> &laquo;&nbsp;<i>pr&eacute;pei na &eacute;chei &eacute;na m&eacute;ros </i><i>&oacute;pou na sygkentr</i><i>&oacute;nontai </i><i>&oacute;loi oi Olymp</i><i>&iacute;tes</i>&nbsp;&raquo;, propos extrait du documentaire <i>Giannis et les autres</i> de Francesca Bartellini, traduction de l&rsquo;autrice.</span></span></p> </div> <div id="ftn4"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="#_ftnref4" name="_ftn4" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[4]</span></span></span></span></a> Le <i>merakl</i><i>&iacute;s</i> d&eacute;signe un homme qui a une parfaite connaissance des codes du <i>glenti</i>, qui ma&icirc;trise l&rsquo;improvisation po&eacute;tique chant&eacute;e et la danse et qui sait appr&eacute;cier les festivit&eacute;s au cours desquelles sa pr&eacute;sence valorise la f&ecirc;te.</span></span></p> </div> <div id="ftn5"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="#_ftnref5" name="_ftn5" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[5]</span></span></span></span></a> &laquo;&nbsp;Being an <i>Olymbitis</i> is a difficult art&nbsp;&raquo; a expliqu&eacute; Giannis Sofillas &agrave; Anna Caraveli lors d&rsquo;une rencontre &agrave; Baltimore.</span></span></p> </div> <div id="ftn6"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="#_ftnref6" name="_ftn6" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[6]</span></span></span></span></a> Extrait de l&rsquo;entretien avec Manolis Balaskas r&eacute;alis&eacute; en ao&ucirc;t 2014 par Dominique Bertou, r&eacute;alisatrice et monteuse, traduction de l&rsquo;autrice.</span></span></p> </div> <div id="ftn7"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="#_ftnref7" name="_ftn7" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[7]</span></span></span></span></a> Le chanteur parle ici du village d&rsquo;Olympos dont le nom est f&eacute;minin en grec.</span></span></p> </div> <div id="ftn8"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="#_ftnref8" name="_ftn8" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[8]</span></span></span></span></a> &laquo;&nbsp;The preservation of intangible heritage through the participatory and social medium of Web 2.0 currently offers a vehicle by which to safeguard performance pratices that can sustain their dynamism and potential for variation.&nbsp;&raquo;</span></span></p> </div> <div id="ftn9"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times=""><a href="#_ftnref9" name="_ftn9" style="color:blue; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span new="" roman="" style="font-family:" times="">[9]</span></span></span></span></a> &laquo;&nbsp;<i>To gl&eacute;nti gia em</i><i>&aacute;</i><i>s oi Olymp</i><i>&iacute;</i><i>tes e</i><i>&iacute;</i><i>nai</i> [...] <i>i syllogik</i><i>&iacute;</i><i> mas taft</i><i>&oacute;</i><i>tita.</i> [...] <i>Eme</i><i>&iacute;s</i><i> synech</i><i>&iacute;zoume kai tha synech&iacute;thoume a&eacute;naa na metalampad&eacute;voume tin teletourg&iacute;a tou glentio&uacute; kai ta &eacute;thima mas &oacute;pos akriv&oacute;s ta paral&aacute;vame stis ne&oacute;teres geni&eacute;s</i>.&nbsp;&raquo;, traduction de l&rsquo;autrice.</span></span></p> </div> </div>

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Prudentia. Sur la logique tactique soutenant les techniques d’escrime de Fiore dei Liberi

Gilles MARTINEZ

Qu’elles soient modernes ou anciennes, les pratiques de combat – à main nue comme armées – connaissent la coexistence de différents styles, propres à des maîtres ou à des écoles. Ce phénomène bien connu est à l’origine d’un débat fréquent quant à la supériorité des formes martiales les unes par rapport aux autres. Cependant, pour leur compréhension comme pour leur maîtrise, il est souvent plus intéressant d’observer les contextes, les cadres, les règles dans lesquels celles-ci ont été théorisées et...

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