Hors-serie n°1 / Genres et pratiques dans le monde arabe et méditerranéen

La bilingualité au service de l’atténuation du propos sexuel au sein du cinéma libanais

Raja TAWIL

Résumé

Cet article a pour but de vérifier la possibilité ainsi que l’intérêt d’une transposition du constat de Hayssam Kotob concernant l’usage d’un mot dans une langue étrangère au sein du parler arabe libanais. Cette pratique, destinée à atténuer la charge sémantique du concept auquel renvoie un emprunt, s’applique ici à des procédés cinématographiques qui visent tempérer la valeur des propos sexuels dans le cinéma libanais. Les objets d’études « mots étranger / mot arabe » seront remplacés par des éléments de l’image et du scénario, comme « lignes de dialogues en langue étrangère / libanaise », « acteur étranger / libanais », « mise en scène importée de l’étranger ». Nous envisagerons une ramification de l’acception « bilingualité » pour analyser l’image à la lumière de l’identité. Aussi, comme il sera question de mœurs locales, nous questionnerons les processus moralisateurs récurrents dans les films libanais commerciaux précédant la fin de la guerre civile et leurs représentations sexuelles des identités étrangères et locales.

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<h1 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span new="" roman="" times="">Introduction&nbsp;: Bilingualit&eacute; et proc&eacute;d&eacute;s filmiques</span></span></span></span></strong></span></h1> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">&nbsp;&laquo; Dans la soci&eacute;t&eacute; libanaise, l&#39;utilisation d&#39;un mot &eacute;tranger att&eacute;nue la valeur du concept auquel il renvoie [...] Ainsi le mot pornographie est plus accept&eacute; que le mot arabe <span dir="RTL" lang="AR-SA" style="font-size:11.0pt"><span style="line-height:150%"><span arial="">جنس</span></span></span> [ĝins] (sexe) &raquo; (Kotob, 2007, en ligne). Dans cette perspective, nous prenons comme objet d&rsquo;&eacute;tude la langue parl&eacute;e dans la soci&eacute;t&eacute; libanaise, utilis&eacute;e sous plusieurs formes, dans la majorit&eacute; des productions cin&eacute;matographiques libanaises.</span></span></span></span></p> <p style="text-align:justify; margin-bottom:11px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">L&rsquo;approche de Kotob rel&egrave;ve exclusivement de la linguistique et de la sociologie. Certaines fonctions des &laquo;&nbsp;strat&eacute;gies d&rsquo;&eacute;conomie linguistique&nbsp;&raquo; qu&rsquo;il propose nous semblent cependant pertinentes, pour analyser nos constats en ce qui concerne les films libanais post&eacute;rieurs &agrave; la guerre civile. Nous envisageons une transposition de celles-ci aux motifs, th&egrave;mes et situations narratives&nbsp;de ce cin&eacute;ma : compl&eacute;tant l&rsquo;approche linguistique par une approche narratologique et esth&eacute;tique. Il est possible dans cette entreprise de transposer &laquo;&nbsp;mots &eacute;trangers&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;mots arabes&nbsp;&raquo; par des &eacute;l&eacute;ments de l&rsquo;image et du sc&eacute;nario, par exemple &laquo;&nbsp;lignes de dialogues en langue &eacute;trang&egrave;re, ou libanaise&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;acteur &eacute;tranger ou libanais&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;mise en sc&egrave;ne import&eacute;e, ou emprunt&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger&nbsp;&raquo;. Proc&eacute;der de cette mani&egrave;re nous permet de transposer des concepts sociolinguistiques de Kotob, notamment ceux de &laquo;&nbsp;bilingualit&eacute;&nbsp;&raquo; et d&rsquo;&laquo;&nbsp;att&eacute;nuation&nbsp;&raquo;, pour l&rsquo;analyse de ph&eacute;nom&egrave;nes r&eacute;currents dans la repr&eacute;sentation de la sexualit&eacute; au sein des films libanais.</span></span></span></span></span></p> <p style="text-align:justify; margin-bottom:11px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Dans cette optique, nous approfondirons l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une fonction &laquo;&nbsp;d&rsquo;att&eacute;nuation&nbsp;&raquo; semblable au sein des dialogues sc&eacute;naris&eacute;s. Nous chercherons aussi &agrave; mettre en &eacute;vidence la mani&egrave;re dont cette fonction d&rsquo;att&eacute;nuation rendra acceptables des sc&egrave;nes de sexe, de nudit&eacute;, ou de dialogues en rapport avec le sexe, aupr&egrave;s des publics libanais et arabes et du bureau de censure de la s&eacute;curit&eacute; g&eacute;n&eacute;rale. Nous verrons en ce sens comment des usages diff&eacute;rents du dialecte libanais, dans ses trois formes parl&eacute;es localement et dans ses accents typiques, modifient le sens des dialogues du film, leur r&eacute;ception et aussi la perception de ses personnages. Ces caract&eacute;ristiques habituellement r&eacute;v&eacute;latrices de l&rsquo;identit&eacute; du personnage (appartenance &agrave; telle classe sociale et/ou milieu communautaire<a href="#_ftn1" name="_ftnref1" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[1]</span></span></span></span></span></a>), joueront dans ces cas particuliers une fonction d&rsquo;att&eacute;nuation du propos que ces personnages tiennent, ou du r&ocirc;le qu&rsquo;ils repr&eacute;sentent.</span></span></span></span></span></p> <p style="text-align:justify; margin-bottom:11px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">En poursuivant avec cette m&ecirc;me d&eacute;marche, nous pourrons constater que les dispositifs de mise en sc&egrave;ne t&eacute;moignent d&#39;une m&ecirc;me logique d&#39;imports. Notre analyse servira &agrave; mieux comprendre les raisons de l&rsquo;int&eacute;gration de personnages (et/ou acteurs) &eacute;trangers au sein de situations narratives locales. Ces derniers semblent aussi assurer une fonction d&rsquo;att&eacute;nuation des th&egrave;mes sexuels que leur r&ocirc;le incarne. Nous analyserons ainsi les emprunts de dispositifs de mise en sc&egrave;ne import&eacute;s de productions &eacute;trang&egrave;res. L&rsquo;importation de ces sc&egrave;nes, et des personnages participent &agrave; rendre le sexe &laquo;&nbsp;acceptable&nbsp;&raquo; pour les spectateurs locaux et arabophones, qui seront ainsi moins renvoy&eacute;s &agrave; leur quotidien, lors du visionnage des films dont il est question. </span></span></span></span></span></p> <p style="text-align:justify; margin-bottom:11px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Nous pr&eacute;senterons dans un premier temps l&rsquo;&eacute;tat actuel des dialectes en usage au Liban, au quotidien et dans l&rsquo;art du spectacle. Notre deuxi&egrave;me partie se focalisera sur l&rsquo;usage d&rsquo;un bilinguisme &laquo;&nbsp;fonctionnel&nbsp;&raquo; att&eacute;nuant les propos sexuels dans les films libanais. La troisi&egrave;me partie tentera de d&eacute;montrer les fonctions att&eacute;nuantes des emprunts de dispositifs de mise en sc&egrave;ne des succ&egrave;s commerciaux &eacute;trangers, et finalement nous consacrerons notre derni&egrave;re partie &agrave; l&rsquo;analyse de la fonction att&eacute;nuante des int&eacute;grations de personnages et acteurs &eacute;trangers dans les situations narratives de films locaux.</span></span></span></span></span></p> <h1 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span new="" roman="" times="">Choix du corpus</span></span></span></span></strong></span></h1> <p style="text-align:justify; margin-bottom:11px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Notre analyse de l&rsquo;usage de la bilingualit&eacute; concerne les th&eacute;matiques sexuelles au sein du cin&eacute;ma libanais post&eacute;rieur &agrave; la guerre civile (1989). Pour illustrer notre hypoth&egrave;se qu&rsquo;une transposition d&rsquo;une bilingualit&eacute; &laquo;&nbsp;fonctionnelle&nbsp;&raquo; s&rsquo;op&egrave;re aussi bien au niveau de la caract&eacute;risation des personnages que dans les formes et les dispositifs de mise en sc&egrave;ne, nous analyserons certains films cl&eacute;s.</span></span></span></span></span></p> <p style="text-align:justify; margin-bottom:11px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Certains films mettent en sc&egrave;ne des protagonistes libanais au statut sexuel assum&eacute;, tandis que d&rsquo;autres d&eacute;nient absolument tout statut sexuel aux personnages identifi&eacute;s comme libanais<a href="#_ftn2" name="_ftnref2" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[2]</span></span></span></span></span></a>. Nous entendons par &laquo;&nbsp;statut sexuel&nbsp;&raquo; la mani&egrave;re dont le personnage est &laquo;&nbsp;sexualis&eacute;&nbsp;&raquo;, par son activit&eacute; sexuelle, l&#39;ensemble des propos sexuels qu&rsquo;il tient ou qu&rsquo;on tient &agrave; propos de lui, ainsi que par les symboles sexuels qui lui sont directement et indirectement associ&eacute;s.</span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">Nous constaterons tout d&rsquo;abord, une r&eacute;currence au niveau de la repr&eacute;sentation de sujets &laquo;&nbsp;moralisant&nbsp;&raquo; dans les films commerciaux pr&eacute;c&eacute;dant la fin de la guerre civile. Les deux films&nbsp;: <i>Les chattes de la rue Hamra (Quṭat &scaron;&acirc;ri˓ al-ḥamr&acirc;) </i>de Samir el Ghossayni (1972) et <i>La dame aux lunes noires (Sayyidat al-aqm&acirc;r al-sawd&acirc;&rsquo;) </i>de Samir el Khoury (1971), sortis au d&eacute;but des ann&eacute;es 1970, nous permettront de comprendre ce processus &agrave; l&rsquo;image de leur repr&eacute;sentations manich&eacute;ennes des influences &eacute;trang&egrave;res sur la sexualit&eacute; des Libanais. Le cin&eacute;ma libanais actuel h&eacute;ritera de cette id&eacute;e en lui ajoutant d&rsquo;autres &eacute;l&eacute;ments de contextualisation. Ensuite, deux films du cin&eacute;ma libanais post-guerre civile seront approfondis. Le premier, <i>Beirut intersections (Qussit thaw&acirc;ni) </i>de Lara Saba (2012), est<i> </i>choisi pour la richesse de l&rsquo;usage des trois langues au sein des dialogues, et pour ce qu&rsquo;elles r&eacute;v&egrave;lent des personnages qui les emploient, ainsi que sur les intentions de l&rsquo;auteur et son message &agrave; l&rsquo;attention du spectateur. Ce film permet de questionner l&rsquo;h&eacute;ritage des processus moralisateurs des films susmentionn&eacute;s en cons&eacute;quence d&rsquo;imports de dispositifs de mise en sc&egrave;ne. &nbsp;Pour illustrer l&rsquo;usage des personnages &eacute;trangers qui jouent le r&ocirc;le d&rsquo;att&eacute;nuations du propos sexuel par le biais de leur nationalit&eacute;, <i>Et Maintenant on va o&ugrave; (W halla&rsquo; la-wayn)&nbsp;?</i> de Nadine Labaki (2011), nous servira de mod&egrave;le. Nadine Labaki s&rsquo;est forg&eacute; une place solide parmi les r&eacute;alisateurs repr&eacute;sentant leur pays &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, notamment gr&acirc;ce au succ&egrave;s international de ses films prim&eacute;s par divers festivals. Ses films sont pourtant sujets de pol&eacute;miques locales, d&eacute;non&ccedil;ant souvent un ph&eacute;nom&egrave;ne de &laquo;&nbsp;n&eacute;o-orientalisme<a href="#_ftn3" name="_ftnref3" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="line-height:150%"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[3]</span></span></span></span></span></span></a>&nbsp;&raquo;. La repr&eacute;sentation de la sexualit&eacute; dans <i>Maintenant on va o&ugrave; (W halla&rsquo; la-wayn) </i>semble r&eacute;pondre &agrave; la question de l&rsquo;importation d&rsquo;acteurs et personnages &eacute;trangers att&eacute;nuants les propos sexuels tenus. Nous mentionnerons des exemples provenant des films <i>Very Big Shot (F&icirc;lm Kt&icirc;r Kb&icirc;r)</i> de Mir Jean Bou Chaaya (2015), de <i>Falafel </i>de Michel Kammoun (2006),<i> Lila dit &ccedil;a</i> de Ziad Doueiri (2005), de <i>Yanoosak </i>d&rsquo;Elie Khalif&eacute; (2010) et d&rsquo;Un<i> Homme Perdu (Rajul ḍ&acirc;&rsquo;i˓) </i>de Danielle Arbid (2007) pour exemplifier d&rsquo;autres usages diversifi&eacute;s des r&ocirc;les et acteurs &eacute;trangers.</span></span></span></span></p> <h1 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span new="" roman="" times="">L&rsquo;&eacute;tat actuel des dialectes libanais, dans la vie sociale et au cin&eacute;ma</span></span></span></span></strong></span></h1> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Kotob met en &eacute;vidence plusieurs processus d&eacute;velopp&eacute;s dans le dialecte libanais. Il souligne, entre autres, la prolif&eacute;ration des emprunts aux langues &eacute;trang&egrave;res. Ces derniers ont une &laquo;&nbsp;fonction de simplification&nbsp;&raquo; et ob&eacute;issent pertinemment &agrave; une &laquo;&nbsp;loi du moindre effort&nbsp;&raquo; (Martinet, 1991 : 177)<a href="#_ftn4" name="_ftnref4" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[4]</span></span></span></span></span></a>. Cette capacit&eacute; &agrave; adapter la langue, dont font preuve les Libanais, gr&acirc;ce &agrave; leur trilinguisme, joue un r&ocirc;le sp&eacute;cifique dans l&rsquo;att&eacute;nuation des valeurs de certains concepts. Par habitude, les Libanais tirent parti des langues auxquelles ils ont acc&egrave;s pour nuancer leur discours. Ils cherchent aussi &agrave; minimiser </span><span style="line-height:150%">l&rsquo;&laquo;&nbsp;effort&nbsp;&raquo; </span><span style="line-height:150%">d&eacute;pens&eacute; &agrave; formuler des nuances de gravit&eacute;, pour d&eacute;signer des m&ecirc;mes signifi&eacute;s, en empruntant des vocables &eacute;trangers.</span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Il est primordial d&rsquo;en venir aux analyses concr&egrave;tes. Notons que les dialectes parl&eacute;s au quotidien dans la soci&eacute;t&eacute; libanaise diff&egrave;rent beaucoup de l&rsquo;arabe litt&eacute;raire. Ce dernier est souvent utilis&eacute; pour les journaux t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s, les documents officiels, la recherche scientifique et les doublages audio de certaines s&eacute;ries t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es destin&eacute;es &agrave; la distribution dans le monde arabe. De nombreuses recherches ont mis en &eacute;vidence&nbsp;l&rsquo;origine m&eacute;tiss&eacute;e des dialectes libanais, les consid&eacute;rant comme variations d&rsquo;une langue vivante, ind&eacute;pendante de l&rsquo;arabe litt&eacute;raire, &agrave; laquelle viennent s&rsquo;ajouter des vocables fran&ccedil;ais et anglais. Selon ces th&eacute;ories, le libanais parl&eacute; en soci&eacute;t&eacute; aujourd&rsquo;hui r&eacute;sulte d&rsquo;un processus continu d&rsquo;int&eacute;grations, d&rsquo;appropriations et d&rsquo;influences provenant des multiples occupations et colonisations successives que la r&eacute;gion, o&ugrave; se situe g&eacute;ographiquement<a href="#_ftn5" name="_ftnref5" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[5]</span></span></span></span></span></a> le pays, conna&icirc;t depuis bien avant la naissance du Liban tel qu&rsquo;il est reconnu aujourd&rsquo;hui. On identifie dans les vocables, la musicalit&eacute;, la grammaire et les sonorit&eacute;s des langues s&eacute;mitiques, entre autres, le ph&eacute;nicien, levantin, syriaque, etc.<a href="#_ftn6" name="_ftnref6" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[6]</span></span></span></span></span></a>.&nbsp; </span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Les expressions et mots du dialecte libanais varient aussi en fonction des g&eacute;n&eacute;rations, classes sociales, r&eacute;gions et communaut&eacute;s actuelles. Ces vocables h&eacute;ritent des influences m&eacute;diatiques, confessionnelles et g&eacute;ographiques diff&eacute;rentes. Le fran&ccedil;ais &eacute;tant consid&eacute;r&eacute; comme la deuxi&egrave;me langue officielle du pays depuis le mandat fran&ccedil;ais qui prit fin en 1943, le programme scolaire officiel libanais comporte toujours l&rsquo;enseignement du fran&ccedil;ais, &agrave; la m&ecirc;me enseigne que l&rsquo;arabe litt&eacute;raire (qui lui fut popularis&eacute; durant l&rsquo;occupation ottomane<a href="#_ftn7" name="_ftnref7" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[7]</span></span></span></span></span></a>). Par ailleurs, la langue anglaise accroit sa popularit&eacute; avec l&rsquo;int&eacute;gration du dollar comme deuxi&egrave;me monnaie officielle et la r&eacute;volution technologique favorisant l&rsquo;informatique dans les secteurs de l&rsquo;administration, du divertissement<a href="#_ftn8" name="_ftnref8" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[8]</span></span></span></span></span></a>, de la finance et de l&rsquo;enseignement. De nombreuses &eacute;coles priv&eacute;es anglophones proposent aux &eacute;tudiants un programme d&rsquo;enseignement qui substitue le fran&ccedil;ais par l&rsquo;anglais<a href="#_ftn9" name="_ftnref9" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[9]</span></span></span></span></span></a>&nbsp;; La parler quotidien allie les langues diff&eacute;rentes sans que les interlocuteurs ne trouvent cela choquant. Un dialogue d&eacute;contract&eacute; entre deux Libanais &agrave; la capitale pourrait utiliser de fa&ccedil;on spontan&eacute;e au cours d&rsquo;une m&ecirc;me phrase&nbsp;: des mots anglais pour le domaine technologique, des termes fran&ccedil;ais pour des notions acad&eacute;miques et des termes arabes pour des notions politiques (par exemple), tout en utilisant la grammaire et conjugaison libanaises pour lier ces syntagmes de langues diff&eacute;rentes. </span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Les influences culturelles se r&eacute;v&egrave;lent tout de m&ecirc;me au travers des langues privil&eacute;gi&eacute;es par chaque public, de leurs accents et de la mani&egrave;re d&rsquo;user des expressions emprunt&eacute;es. Une personne sera reconnue comme cultiv&eacute;e ou orgueilleuse, voire riche lorsqu&rsquo;elle manie bien l&rsquo;anglais ou le fran&ccedil;ais. Un chr&eacute;tien maronite de la capitale sera reconnu pour son penchant &agrave; utiliser le fran&ccedil;ais, tandis qu&rsquo;un musulman chiite du sud serait plus &agrave; l&rsquo;aise avec l&rsquo;anglais. Les particularit&eacute;s des usages de ces dialectes constituent pour nous, dans le domaine du cin&eacute;ma, des indices pertinents pour analyser les personnages locaux repr&eacute;sent&eacute;s, pour pouvoir les assigner. Nous pourrons par la suite identifier non seulement des postures d&rsquo;auteur, des intentions de production, mais aussi des informations sur le (ou les) public(s) cible (s).</span></span></span></span></span></p> <h2 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span style="font-style:italic">Le &laquo;&nbsp;Libanais Blanc&nbsp;&raquo;</span></span></span></span></strong></span></h2> <p style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Cet &eacute;tat de fait offre un terrain tr&egrave;s fertile quand il s&rsquo;agit de la conception des personnages&nbsp;: leur usage de la langue &eacute;tant donc un moyen de les caract&eacute;riser de mani&egrave;re subtile. C&rsquo;est sans doute pour cette raison que la majorit&eacute; des productions t&eacute;l&eacute;visuelles et cin&eacute;ma grand public au Liban utilisent &agrave; contrario ce qu&rsquo;on appelle le &laquo;&nbsp;libanais blanc&nbsp;&raquo;<a href="#_ftn10" name="_ftnref10" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[10]</span></span></span></span></span></a>. Ce dialecte est d&eacute;pourvu de tout mot, expression ou prononciation qui connoteraient quelque provenance g&eacute;ographique ou communautaire. Le libanais blanc permet de s&rsquo;adresser &agrave; toutes les communaut&eacute;s libanaises confondues et d&rsquo;&eacute;viter des pol&eacute;miques sensibles, religieuses ou politiques. Il permet de r&eacute;aliser des films libanais plus neutres et &laquo;&nbsp;impartiaux&nbsp;&raquo; au niveau de la repr&eacute;sentation des Libanais. &nbsp;Bien que ce dispositif permette d&rsquo;uniformiser le phras&eacute; de l&rsquo;ensemble des productions du pays, son emploi provoque un d&eacute;faut d&rsquo;authenticit&eacute;. L&rsquo;usage du &laquo;&nbsp;Libanais Blanc&nbsp;&raquo; reste un choix s&ucirc;r, fait par la majorit&eacute; des productions qui s&rsquo;adressent au grand public.</span></span></span></span></span></p> <h2 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span style="font-style:italic">Caract&eacute;risations typiques avec l&rsquo;usage des dialectes diff&eacute;rents </span></span></span></span></strong></span></h2> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Nombreux cin&eacute;astes post-guerre civile ont cependant fait le choix d&rsquo;&eacute;toffer leurs personnages d&rsquo;expressions typiques de r&eacute;gions particuli&egrave;res, offrant un niveau de lecture additionnel de leurs personnages. Ce choix symbolise souvent une libert&eacute; de repr&eacute;sentation avec volont&eacute; d&rsquo;authenticit&eacute;, qui s&rsquo;&eacute;mancipent des contraintes reconnues au format industriel des produits audiovisuels locaux. C&rsquo;est par exemple le cas du personnage de la voisine du protagoniste dans <i>West Beyrouth (Bayr&ucirc;t al- ġarbiya)</i><a href="#_ftn11" name="_ftnref11" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[11]</span></span></span></span></span></a><i>,</i> jou&eacute;e &agrave; la limite de la caricature par la com&eacute;dienne Liliane Nemri. Son personnage sera ais&eacute;ment assign&eacute; &agrave; des origines du sud du Liban, en raison de son phras&eacute; et des expressions famili&egrave;res qu&rsquo;elle emploie. Le r&eacute;alisateur Ziad Doueiri avait fait preuve de courage en 1998, en repr&eacute;sentant et nommant les diff&eacute;rentes communaut&eacute;s auxquelles appartiennent les personnages de son film. Ce choix est d&rsquo;autant plus courageux, sachant que ces personnages seront confront&eacute;s au cours de leur p&eacute;riple &agrave; des situations politiques et sexuelles pouvant causer des pol&eacute;miques aupr&egrave;s d&rsquo;un public fraichement sorti d&rsquo;un conflit civil. Le film de Doueiry en 1998 ne promulgue cependant pas de discours politique. &nbsp;</span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">D&rsquo;autres cin&eacute;astes pr&eacute;sentent des personnages comme appartenant express&eacute;ment &agrave; une communaut&eacute;, ou r&eacute;gion particuli&egrave;re, pour communiquer leurs engagements politiques ou affiliations communautaires. Par exemple, bien que tous deux promulguent un discours politique engag&eacute; en r&eacute;action aux occupations &eacute;trang&egrave;res r&eacute;centes, il est notoire que les personnages du film <i>Le territoire de Rose (</i></span><i>ḫellat Wardi</i><i><span style="line-height:150%">)</span></i><a href="#_ftn12" name="_ftnref12" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="line-height:150%"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[12]</span></span></span></span></span></span></a><span style="line-height:150%"> de Adel Serhan (2011) ont peu de caract&eacute;ristiques communes avec la jeunesse beyrouthine r&eacute;volt&eacute;e que d&eacute;peint le film <i>Rue Huvelin</i><a href="#_ftn13" name="_ftnref13" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[13]</span></span></span></span></span></a> de Mounir Masri (2011). Les protagonistes du premier sont dot&eacute;s d&rsquo;un accent rural typique du sud du Liban et d&rsquo;un vocabulaire montagnard issu de pratiques religieuses et agriculturales traditionnelles, ceux du deuxi&egrave;me ont plut&ocirc;t int&eacute;gr&eacute; &agrave; leur phras&eacute; des accents toniques et prononciations francophones reconnues des chr&eacute;tiens du quartier d&rsquo;Achrafieh.</span></span></span></span></span></p> <h2 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span style="font-style:italic">H&eacute;ritage moralisateur du cin&eacute;ma commercial libanais avant la fin de la guerre civile</span></span></span></span></strong></span></h2> <p style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Au-del&agrave; de la &laquo;&nbsp;bilingualit&eacute;&nbsp;&raquo; au service de la caract&eacute;risation des personnages, se trouve une &laquo;&nbsp;bilingualit&eacute;&nbsp;&raquo; &agrave; but moralisateur. Les personnages qui adoptent des attitudes et des id&eacute;aux &laquo;&nbsp;<i>import&eacute;s</i><a href="#_ftn14" name="_ftnref14" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[14]</span></span></span></span></span></a>&nbsp;&raquo; sont ainsi souvent &laquo;&nbsp;punis&nbsp;&raquo; alors que sont r&eacute;compens&eacute;s ceux qui renouent avec les traditions locales et s&rsquo;y conforment. Bien que cette tendance soit r&eacute;currente dans le cin&eacute;ma commercial contemporain, ce mod&egrave;le existe dans le cin&eacute;ma libanais commercial datant d&rsquo;avant la fin de la guerre civile. Voici deux exemples de ce processus moralisateur&nbsp;:</span></span></span></span></span></p> <p style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Samir Ghossayni, un des r&eacute;alisateurs le plus actifs de l&rsquo;histoire du cin&eacute;ma libanais jusqu&rsquo;&agrave; nos jours<a href="#_ftn15" name="_ftnref15" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[15]</span></span></span></span></span></a>, sort en 1972 son premier long-m&eacute;trage de fiction, suppos&eacute;ment commercial et grand public. Ce film porte cependant un titre &agrave; forte connotation sexuelle : <i>Les Chattes de la rue Hamra (Quṭat &scaron;&acirc;ri˓ al- ḥamr&acirc;)</i><a href="#_ftn16" name="_ftnref16" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[16]</span></span></span></span></span></a><i>.</i> &Aacute; part signifier la femelle du chat le terme &laquo;&nbsp;<i>Qiṭat</i>&raquo; (f&eacute;minin pluriel de chat) semble ici d&eacute;signer les personnages f&eacute;minins du r&eacute;cit, mettant en avant leur caract&eacute;risation sexualis&eacute;e en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; &laquo;&nbsp;<i>Quṭ</i>&raquo; (au masculin dans l&rsquo;arabe litt&eacute;raire, chat) qui dans le registre argotique libanais d&eacute;signe le sexe de la femme (comme en fran&ccedil;ais et en anglais d&rsquo;ailleurs&nbsp;: chatte, pussy). Ce film repr&eacute;sente de mani&egrave;re subversive l&rsquo;aspiration d&rsquo;une jeunesse beyrouthine tiraill&eacute;e entre une vie occidentale consid&eacute;r&eacute;e d&eacute;prav&eacute;e ou d&eacute;cadente et une vie orientale traditionnelle salvatrice. &Agrave; l&rsquo;occasion de son entrevue avec le Centre Interarabe du Cin&eacute;ma et de la T&eacute;l&eacute;vision en mars 1971, Samir Ghossayni pr&eacute;sente son film comme une le&ccedil;on de morale universelle. Celui-ci dans son traitement est cependant moins explicitement moralisateur. &laquo;&nbsp;Le quartier Hamra est un centre touristique, o&ugrave; l&rsquo;on trouve une faune de jeunes libanais et arabes qui vivent sur des id&eacute;es import&eacute;es. Ces jeunes ont une fausse id&eacute;e de la libert&eacute; [&hellip;] une jeunesse en qu&ecirc;te de plaisirs faciles&nbsp;;&nbsp;&raquo;<a href="#_ftn17" name="_ftnref17" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[17]</span></span></span></span></span></a> Ses propos expriment un souci de repr&eacute;senter authentiquement le quotidien beyrouthin, cependant El-Horr, d&rsquo;un avis oppos&eacute;, soulignera que le traitement figuratif de ce film est &laquo;&nbsp;import&eacute;&nbsp;&raquo; : &laquo;&nbsp;Ce film sans relief est librement et caricaturalement inspir&eacute; d<i>&rsquo;Easy Rider </i>(1969) de Dennis Hopper, auquel Samir Ghossayni emprunte des recettes [&hellip;] plusieurs sc&egrave;nes soulignent le point de vue r&eacute;probateur du r&eacute;alisateur&nbsp;: un groupe de jeunes danse dans une boite de nuit, drague, s&rsquo;&eacute;clate &agrave; la moto dans Beyrouth [&hellip;] le film est tourn&eacute; avec des acteurs qui, pour la plupart, ne parlent pas l&rsquo;arabe<i> </i>libanais. Ainsi on passe du libanais &agrave; l&rsquo;&eacute;gyptien et au syrien.&nbsp;&raquo;<a href="#_ftn18" name="_ftnref18" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[18]</span></span></span></span></span></a>. En effet, certaines sc&egrave;nes du film font &eacute;cho dans leur d&eacute;coupage technique aux sc&egrave;nes iconiques du film de Dennis Hopper. D&rsquo;autant plus que les personnages trouvent des alter egos aux protagonistes de ce dernier, Wyatt et Billy dans des caract&eacute;risations et des qu&ecirc;tes similaires. Ce dispositif de mise en sc&egrave;ne permet au public libanais de se sentir d&eacute;pays&eacute; malgr&eacute; les r&eacute;f&eacute;rences spatio-temporelles r&eacute;alistes du r&eacute;cit, et cr&eacute;e une distance par rapport &agrave; l&rsquo;action. Cette distanciation permet &agrave; Ghossayni d&rsquo;imposer un point de vue moralisateur, d&eacute;non&ccedil;ant les habitudes import&eacute;es qu&rsquo;il d&eacute;peint, et se prot&eacute;geant d&rsquo;&ecirc;tre accus&eacute; de profiter des sc&egrave;nes sexuelles de son film dans un but commercial. En cons&eacute;quence, son personnage principal f&eacute;minin aux tendances libertines, se fait violer par un groupe de jeunes qui se revendiquent hippie<a href="#_ftn19" name="_ftnref19" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[19]</span></span></span></span></span></a> et finit par se suicider, rong&eacute;e de remords.</span></span></span></span></span></p> <p style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Les contraintes morales grand public ont quand m&ecirc;me &eacute;t&eacute; d&eacute;fi&eacute;es par certains films &eacute;rotiques d&rsquo;exploitations au cours de la m&ecirc;me p&eacute;riode. Pionnier du genre, et de l&rsquo;interdiction d&rsquo;entrer en salles aux moins de 18 ans, <i>La Dame aux Lunes Noires (Sayyidat al-aqm&acirc;r al-sawd&acirc;&rsquo;)</i><a href="#_ftn20" name="_ftnref20" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[20]</span></span></span></span></span></a> de Sami El Khoury d&eacute;fie toutes les attentes d&rsquo;un cin&eacute;ma aux m&oelig;urs &eacute;mancip&eacute;es dans le monde arabe. Ce film dresse le portrait de plusieurs femmes puissantes dont la protagoniste, Aida. Cette derni&egrave;re, apr&egrave;s une d&eacute;ception amoureuse et une s&eacute;quence d&rsquo;aveu de son traumatisme d&rsquo;enfance&nbsp;(elle a &eacute;t&eacute; victime d&rsquo;un viol incestueux), rejoint une secte de femmes, esclavagistes d&rsquo;hommes au service de leurs plaisirs charnels. Aida adopte ce culte vou&eacute; au plaisir f&eacute;minin et multiplie les amants d&rsquo;un soir. Cependant, une nuit, la pleine lune &eacute;veille en elle des traumatismes de son pass&eacute; tumultueux sous forme de cauchemars et de visions, Aida se retrouve au bord de la folie. Elle revoit ses amants, son oncle et entend des sons d&rsquo;animaux f&eacute;roces dans le noir. Elle subit alors le m&ecirc;me destin que la protagoniste du film pr&eacute;c&eacute;dent, elle finit par se suicider. Elle se donne la mort en se noyant dans la M&eacute;diterran&eacute;e en suppliant &laquo;&nbsp;Dieu tout-puissant&nbsp;&raquo; de lui pardonner ses p&eacute;ch&eacute;s et de la purifier. Bien qu&rsquo;appartenant &agrave; un genre bien distinct que le film pr&eacute;c&eacute;dant, et s&rsquo;adressant &agrave; un public ayant des attentes diff&eacute;rentes, <i>La Dame aux Lunes Noires (Sayyidat al-aqm&acirc;r al-sawd&acirc;&rsquo;)</i> de Samir el Khoury emprunte finalement un processus moralisateur similaire au film pr&eacute;c&eacute;dent, employant les m&ecirc;mes outils d&rsquo;att&eacute;nuation des propos sexuels&nbsp;et la punition du libertinage connot&eacute; comme attitude import&eacute;e de l&rsquo;&eacute;tranger.</span></span></span></span></span></p> <h1 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span new="" roman="" times="">Bilinguismes et att&eacute;nuation du propos sexuel</span></span></span></span></strong></span></h1> <h2 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span style="font-style:italic">L&rsquo;exemple de Beirut Intersections (Qussit thaw&acirc;ni)</span></span></span></span></strong></span></h2> <p style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">&Eacute;tudions &agrave; pr&eacute;sent le cas de <i>Beirut Intersections (Qussit thaw&acirc;ni)</i><a href="#_ftn21" name="_ftnref21" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[21]</span></span></span></span></span></a><i> </i>pour appliquer notre hypoth&egrave;se rapprochant les constats linguistiques de Kotob &agrave; notre analyse narratologique de l&rsquo;att&eacute;nuation du propos sexuel. Ce film montre les premiers pas de Nibal Arakji en tant que sc&eacute;nariste, et ceux de Lara Saba en tant que r&eacute;alisatrice de cin&eacute;ma de fiction. Le film aborde des th&eacute;matiques sexuelles d&rsquo;ordres divers&nbsp;: trafic d&rsquo;enfants, relations conjugales, travailleurs du sexe, viols, sexisme ordinaire, relations sexuelles entre personnes issues de diff&eacute;rentes classes sociales et autres tabous de la soci&eacute;t&eacute; libanaise.</span></span></span></span></span></p> <p style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Structur&eacute; comme un &laquo;&nbsp;film choral &raquo;, <i>Beirut Intersections (Qussit thaw&acirc;ni) </i>fait &eacute;voluer les r&eacute;cits temporellement parall&egrave;les de trois couples de personnages de classes sociales diff&eacute;rentes qui r&eacute;sident &agrave; la capitale du Liban. India et Malek, couple mari&eacute;, riche, tente avec difficult&eacute; d&rsquo;avoir un enfant et subissent des pressions sociales qui menacent l&rsquo;&eacute;quilibre de leur relation. Nour et sa grand-m&egrave;re luttent contre un syst&egrave;me administratif qui menace leur survie et entrave leurs t&acirc;ches quotidiennes. Enfin, Zeina, prostitu&eacute;e mis&eacute;reuse, propose son fils mineur &agrave; ses clients et noie son d&eacute;sespoir dans l&rsquo;ivresse. Le film fera entrecroiser leurs destins &agrave; plusieurs reprises soulignant l&rsquo;absence de communication et d&rsquo;empathie entre les diff&eacute;rentes classes sociales.</span></span></span></span></span></p> <p style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Le film s&rsquo;ouvre sur le moment fatidique de l&rsquo;&laquo;&nbsp;intersection&nbsp;&raquo; des diff&eacute;rentes r&eacute;cits, et d&eacute;plie ensuite les p&eacute;rip&eacute;ties ant&eacute;rieures &agrave; ce moment et leurs cons&eacute;quences. La narration s&rsquo;inscrit dans une objectivit&eacute;, autant dans le traitement sc&eacute;naristique que dans le figuratif, mais cette objectivit&eacute; s&rsquo;estompe progressivement. D&rsquo;une part, il y a &laquo;&nbsp;les intersections&nbsp;&raquo; entre les images repr&eacute;sentant frontalement des sujets tabous universels, (du harc&egrave;lement de rue, du sexisme ordinaire et du trafic d&rsquo;enfants). D&rsquo;autre part, une posture plus subjective est d&eacute;cel&eacute;e, en d&eacute;couvrant davantage les caract&eacute;risations des personnages. Le changement de ton nous para&icirc;t comparable &agrave; un processus d&rsquo;autocensure. Les repr&eacute;sentations de la sexualit&eacute; s&rsquo;assimilent &agrave; un outil de &laquo;&nbsp;pathos&nbsp;&raquo; universel au fur et &agrave; mesure que les personnages sont d&eacute;velopp&eacute;s. Pour combler l&rsquo;&eacute;cart entre ces deux postures, l&rsquo;autrice int&egrave;gre un processus moralisateur qui nous rappelle celui d&eacute;crit pr&eacute;c&eacute;demment pour les films commerciaux avant la fin de la guerre civile. Dans un film per&ccedil;u comme une fiction qui d&eacute;nonce des dysfonctionnements de la soci&eacute;t&eacute; libanaise, une morale serait per&ccedil;ue comme une proposition de solution. De plus, l&rsquo;ensemble des noms des personnages du r&eacute;cit sont m&eacute;ticuleusement choisis pour &eacute;viter qu&rsquo;une &eacute;ventuelle connotation confessionnelle leur soit attribu&eacute;e. Les pr&eacute;noms font donc partie du fond global des pr&eacute;noms &laquo;&nbsp;g&eacute;n&eacute;riques&nbsp;&raquo; d&rsquo;usage au Liban et nous rappellent les personnages &laquo;&nbsp;politiquement corrects&nbsp;&raquo; des feuilletons t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s locaux<a href="#_ftn22" name="_ftnref22" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[22]</span></span></span></span></span></a>&nbsp;: inappropri&eacute;s au th&egrave;me de ce film. Les dialogues sont &eacute;crits et jou&eacute;s en &laquo;&nbsp;libanais blanc&nbsp;&raquo;, bien que le film n&rsquo;appartienne exclusivement ni &agrave; une cat&eacute;gorie commerciale ni au grand public. L&rsquo;usage des langues &eacute;trang&egrave;res, comme nous le verrons dans la partie suivante, jouera une fonction att&eacute;nuante des propos en relation avec la sexualit&eacute; des personnages. </span></span></span></span></span></p> <h2 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span style="font-style:italic">Les dialogues dans Beirut Intersections (Qussit thaw&acirc;ni)</span></span></span></span></strong></span></h2> <p style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">D&rsquo;une part, le couple India et Malek, nous est pr&eacute;sent&eacute; comme mari&eacute; et riche. Statut affich&eacute; par&nbsp;leur appartement, tenue vestimentaire, coiffures et accessoires, ainsi que par leurs dialogues qui relatent l&rsquo;importance du travail de Malek et ses tentatives de dissuader India de travailler, car le couple n&rsquo;a aucun besoin d&rsquo;entr&eacute;es financi&egrave;res additionnelles.</span></span></span></span></span></p> <p style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Ce statut social est aussi connot&eacute; dans l&rsquo;usage des langues, notamment dans leurs conversations trilingues. Le couple se parle en libanais, anglais et fran&ccedil;ais. Ceci d&eacute;montre certes un niveau de culture sup&eacute;rieur aux autres personnages pr&eacute;sent&eacute;s au cours du film, (ceux qui ne parlent qu&rsquo;en libanais) et s&rsquo;av&egrave;re un moyen d&rsquo;att&eacute;nuation convenu dans la repr&eacute;sentation de leur sexualit&eacute;. Rappelons au passage que cette derni&egrave;re, est d&rsquo;embl&eacute;e plus acceptable pour le public puisqu&rsquo;ils sont mari&eacute;s et qu&rsquo;ils essaient d&rsquo;avoir un enfant. </span></span></span></span></span></p> <p style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Le spectateur d&eacute;couvre pour la premi&egrave;re fois les personnages de Malek et India alors qu&rsquo;ils sont au lit. Malek est torse nu. India est en sous-v&ecirc;tements, son soutien-gorge rouge laisse appara&icirc;tre un d&eacute;collet&eacute; plongeant qui met en valeur le haut de sa poitrine. Au d&eacute;clenchement du r&eacute;veil matin, elle se recouvre, tournant le dos &agrave; Malek. Il s&rsquo;adresse soudain &agrave; elle en anglais, ce qui laisse le spectateur croire qu&rsquo;elle serait un personnage &eacute;tranger anglophone. L&rsquo;accent libanais de Malek, et l&rsquo;emploi du terme affectif &laquo;<i>&nbsp;ḥay&acirc;t&icirc;</i> &raquo; (&laquo; ma vie &raquo;) trahit d&rsquo;embl&eacute;e le fait que le personnage est bilingue. Il utilise l&rsquo;expression famili&egrave;re anglaise &laquo;&nbsp;<i>sleepy head</i>&nbsp;&raquo; (&laquo; t&ecirc;te endormie &raquo;) avec un naturel spontan&eacute; d&eacute;montrant son aisance &agrave; s&rsquo;exprimer dans cette langue &eacute;trang&egrave;re.&nbsp; India lui r&eacute;pond, cependant, en libanais. Leurs &eacute;bats amoureux reprennent dans la sc&egrave;ne qui suit, sous la douche, et suivant le dialogue prononc&eacute; derri&egrave;re la vitre embu&eacute;e: </span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">&nbsp;&laquo;&nbsp;<b>India: </b><i>shit, I hate you </i>(&laquo; merde, je te d&eacute;teste&nbsp;&raquo;)</span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><i>&nbsp;</i><b><span style="line-height:150%">Malek: </span></b><i><span style="line-height:150%">I hate you too my love</span></i><span style="line-height:150%">&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;je te d&eacute;teste aussi mon amour. &raquo;)</span></span></span></span></span></p> <p align="center" class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><img height="768" src="https://www.numerev.com/img/ck_602_3_IMAGE RAJA FIG.1.jpg" width="1366" /></span></p> <p align="center" class="MsoCaption" style="text-align:center; margin-bottom:13px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:9pt"><span new="" roman="" times=""><span style="font-style:italic"><b><span style="font-size:12.0pt"><span style="font-style:normal">Figure </span></span></b><b><span style="font-size:12.0pt"><span style="font-style:normal">1</span></span></b><b><span style="font-size:12.0pt"><span style="font-style:normal">. Capture d&rsquo;&eacute;cran de Beirut Intersections (Qussit thaw&acirc;ni) de Lara Saba</span></span></b></span></span></span></span></span></p> <p style="text-align:justify; margin-bottom:11px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Le personnage de Zeina, prostitu&eacute;e &agrave; plein temps (&agrave; domicile), </span><span style="line-height:150%">quant &agrave; elle, emploie une langue d&eacute;nu&eacute;e de mots &eacute;trangers ou d&rsquo;emprunts culturels. Aucun effet d&rsquo;att&eacute;nuation n&rsquo;est ainsi utilis&eacute;. Au contraire, on en rel&egrave;ve certains termes dont &laquo;&nbsp;<i>Charm&ucirc;ṭa</i>&raquo;, (&laquo; pute &raquo;) &laquo;&nbsp;<i>w&acirc;ḥad ˓al sar&icirc;˓</i>&nbsp;&raquo; (&laquo; un coup vite fait &raquo;), qui appartiennent au registre vulgaire et argotique des expressions locales. Le m&ecirc;me traitement linguistique sans att&eacute;nuations est utilis&eacute; quand elle agresse son fils ou le propose &agrave; ses clients et m&ecirc;me quand elle s&rsquo;adresse &agrave; son propre amant. Cet emploi marqu&eacute; du dialecte libanais argotique pour d&eacute;peindre la sexualit&eacute; du personnage connote une dimension malsaine, souill&eacute;e et vulgaire.</span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Le statut social et sexuel, du troisi&egrave;me personnage principal, Nour, est circonscrit entre deux modes de repr&eacute;sentations distincts. D&eacute;class&eacute;e lors de la mort soudaine de ses parents, d&eacute;sargent&eacute;e et sans support financier ou h&eacute;ritage, elle est contrainte de prendre en charge les d&eacute;penses du foyer et la garde de sa grand-m&egrave;re infirme. Ses dialogues d&eacute;voilent sa capacit&eacute; d&rsquo;adaptation en fonction des personnes avec qui elle interagit. Avec son coll&egrave;gue Jad, &agrave; l&rsquo;universit&eacute;, elle discute en trois langues, au bar elle s&rsquo;adapte au discours de chaque client, avec sa voisine elle converse en libanais populaire, elle comprend le jargon scientifique du m&eacute;decin &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital, finalement avec sa grand-m&egrave;re elle communique par le toucher et le regard. Sa capacit&eacute; d&rsquo;adaptation s&rsquo;av&egrave;re &ecirc;tre &agrave; double tranchant. Elle s&rsquo;int&egrave;gre partout mais n&rsquo;appartient en d&eacute;finitive &agrave; aucun groupe.</span></span></span></span></span></p> <h1 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span new="" roman="" times="">Les dispositifs de mises en sc&egrave;ne</span></span></span></span></strong></span></h1> <p style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">La sc&egrave;ne de lit o&ugrave; le spectateur d&eacute;couvre le couple India et Malek est bien &eacute;clair&eacute;e, clairement d&eacute;taill&eacute;e, surcharg&eacute;e d&rsquo;accessoires de d&eacute;cor blancs donnant l&rsquo;impression de propret&eacute;, et sugg&eacute;rant &eacute;ventuellement la puret&eacute; de leur lit conjugal. L&rsquo;usage d&rsquo;une grande profondeur de champs nette permet de sugg&eacute;rer que le couple n&rsquo;a rien &agrave; cacher. La sc&egrave;ne de la douche montre une tentative ultime de Malek pour dissuader India de se rendre au travail. Il l&rsquo;invite &agrave; le rejoindre, avec un sourire espi&egrave;gle et une attitude taquine.</span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">M&ecirc;me l&eacute;gaux et l&eacute;gitimes, leurs rapports physiques sont pourtant &eacute;galement sujets d&rsquo;att&eacute;nuations au niveau du jeu d&rsquo;acteur. Leurs interactions prennent une forme ludique, ce qui para&icirc;t incoh&eacute;rent avec leurs &acirc;ges et leur statut conjugal d&eacute;peint plus tard dans le film. India et Malek exag&egrave;rent leurs intonations et expressions faciales. Ce jeu d&rsquo;acteur exag&eacute;r&eacute; trahit une infantilisation des personnages comme vecteur d&rsquo;att&eacute;nuation. Ceci permet d&rsquo;all&eacute;ger le ton lorsque les corps des deux personnages se rapprochent l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Aussi ce jeu d&rsquo;acteur semble int&eacute;grer des emprunts &laquo;&nbsp;import&eacute;s&nbsp;&raquo; de dispositifs de mise en sc&egrave;ne r&eacute;currents dans les &laquo;&nbsp;sitcoms&nbsp;&raquo; am&eacute;ricaines des ann&eacute;es 90. Le jeu d&rsquo;acteur dans la sitcom <i>Friends</i><a href="#_ftn23" name="_ftnref23" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="line-height:150%"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[23]</span></span></span></span></span></span></a> serait un exemple pertinent o&ugrave; les sc&egrave;nes qui th&eacute;matisent le sexuel comportent dans leur dispositif un jeu d&rsquo;acteur caricatural&nbsp;; des pauses en silence entre les phrases et des plan de coupes champs/contre champs pour montrer les r&eacute;actions des autres personnages. La s&eacute;quence d&rsquo;ouverture de l&rsquo;&eacute;pisode pilote de cette &laquo;&nbsp;sitcom&nbsp;<a href="#_ftn24" name="_ftnref24" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="line-height:150%"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[24]</span></span></span></span></span></span></a>&raquo; ne fait pas exception&nbsp;: Les dialogues tenus par les protagonistes de la s&eacute;rie s&rsquo;apparentent &agrave; des sujets intimes mais ces derniers les divulguent &agrave; voix haute dans un espace public. Les grimaces et tonalit&eacute;s vocales sont explicitement exag&eacute;r&eacute;es. La sc&egrave;ne est bien &eacute;clair&eacute;e et film&eacute;e avec une grande profondeur de champs. Le personnage de Chandler par exemple, raconte un de ses r&ecirc;ves &agrave; caract&egrave;re sexuel l&rsquo;ayant troubl&eacute; r&eacute;cemment, dut &agrave; l&rsquo;implication de sa m&egrave;re dans une situation peu coh&eacute;rente &agrave; la r&eacute;alit&eacute;. Il se r&eacute;f&egrave;re &agrave; son organe g&eacute;nital en termes distanci&eacute;s &laquo;&nbsp;There&nbsp;&raquo; (l&agrave;-bas) et dodeline de la t&ecirc;te en regardant vers l&rsquo;horizon avant de le dire. La fin de ses aveux est suivie de plans de coupes d&eacute;montrant les r&eacute;actions de surprise de ses amis. Le dispositif de <i>Beirut Intersections (Qussit thaw&acirc;ni)</i> reprend les angles de prises de vue, le traitement de l&rsquo;&eacute;clairage et les focales, et surtout le jeu d&rsquo;acteur. Bien que peu coh&eacute;rent avec le sujet des dialogues d&rsquo;India et Malek, ce traitement ajoute une dimension &laquo;&nbsp;mignonne&nbsp;&raquo; aux personnages, comme celle accord&eacute;e &agrave; Chandler par ses camarades Phoebe et Monica qui hochent la t&ecirc;te et sourient en silence, all&eacute;geant ses propos et rassurant le spectateur.</span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">Les sc&egrave;nes consacr&eacute;es &agrave; la pr&eacute;sentation de la vie sexuelle des autres personnages du film, ne nous sont pas livr&eacute;es selon ce m&ecirc;me dispositif de mise en sc&egrave;ne. Ceci provoque un d&eacute;s&eacute;quilibre au niveau du jeu des diff&eacute;rents acteurs. L&rsquo;att&eacute;nuation est &eacute;vit&eacute;e par exemple dans le traitement figuratif du personnage de Zeina. Le dispositif de mise en sc&egrave;ne de toutes les s&eacute;quences la concernant, comporte un &eacute;clairage faible et contrast&eacute;. Les cadrages se font &agrave; distance du personnage avec des amorces visuelles, au premier plan, renfor&ccedil;ant un effet de voyeurisme de la part du spectateur. Les courtes focales utilis&eacute;es pour ces sc&egrave;nes &laquo;&nbsp;voyeuristes&nbsp;&raquo; sont souvent doubl&eacute;es d&rsquo;une faible profondeur de champs qui permet au personnage de Zeina d&rsquo;entrer et sortir des zones floues de l&rsquo;image. Pour son apparence aussi, l&rsquo;att&eacute;nuation est &eacute;vit&eacute;e&nbsp;: les maquillages, coiffures et tenues vestimentaires de cette derni&egrave;re sont exag&eacute;r&eacute;es pour souligner la salet&eacute; et provoquer le d&eacute;go&ucirc;t. </span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">Le &laquo;&nbsp;statut sexuel&nbsp;&raquo; de Nour, n&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute; que vers l&rsquo;&eacute;pilogue du film. Arriv&eacute;e au summum de ses difficult&eacute;s<a href="#_ftn25" name="_ftnref25" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="line-height:150%"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[25]</span></span></span></span></span></span></a>, elle se voit oblig&eacute;e d&rsquo;assister aux fian&ccedil;ailles de sa meilleure amie dans une des bo&icirc;tes les plus ch&egrave;res de Beyrouth. Sur place, elle accompagne Jad sur la piste de danse ou elle entame une danse sensuelle qui &eacute;volue crescendo vers un d&eacute;foulement fr&eacute;n&eacute;tique. Un plan de coupe l&rsquo;isole soudain dans la nuit, alors qu&rsquo;elle rentre &agrave; pied le long d&rsquo;une ruelle vide. Rep&eacute;r&eacute;e par le fils du milliardaire (qui a caus&eacute; son licenciement) ce dernier l&rsquo;accoste &agrave; la mani&egrave;re d&rsquo;une travailleuse du sexe qui fait le trottoir, elle monte machinalement dans la voiture luxueuse. Le premier dialogue, sur un ton humoristique, est une n&eacute;gociation du prix du trajet. Mais rapidement, le statut de &laquo;&nbsp;client&nbsp;&raquo; se transf&egrave;re d&rsquo;un personnage &agrave; l&rsquo;autre. Nour propose son prix, qui est &eacute;gal &agrave; celui de son loyer en retard. Les premi&egrave;res approches du &laquo;&nbsp;client&nbsp;&raquo; sont per&ccedil;ues comme une agression, elle se d&eacute;bat, le repousse, exprimant peur et d&eacute;go&ucirc;t. Ce dernier s&rsquo;excuse, confus, il s&rsquo;adresse &agrave; elle soudain en anglais, ce qui constitue un rappel des sc&egrave;nes de lit et de douche entre Malek et India, <i>&laquo; you&rsquo;re so pretty [&hellip;] you don&rsquo;t have to do it &raquo; </i>(&laquo; tu es tellement belle [&hellip;] tu n&rsquo;es pas oblig&eacute;e de le faire &raquo;). R&eacute;sign&eacute;e, elle se retire vers la banquette arri&egrave;re, sortant du champ visible du spectateur. Elle laisse sa culotte enfantine, rose dentelle, glisser hors de sa mini-jupe, le long de ses jambes et se fait assister par son client pour la d&eacute;m&ecirc;ler d&rsquo;entre ses talons aiguilles.</span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">C&rsquo;est le dernier plan du film qui repr&eacute;sente Nour. Nous pouvons percevoir la disparition de ce personnage principal de la suite du film telle une mort symbolique, qui cependant demeurera sans deuil, puisqu&rsquo;aucun d&eacute;tail ou allusion post&eacute;rieure ne se formulera &agrave; son sujet. </span></span></span></span></p> <h2 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span style="font-style:italic">Le dispositif de mise en sc&egrave;ne &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve du sc&eacute;nario moralisateur</span></span></span></span></strong></span></h2> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">Une image de Nour, apr&egrave;s son activit&eacute; sexuelle manque au d&eacute;nouement du r&eacute;cit. Son absence pousse le spectateur &agrave; sp&eacute;culer sur le sort de cette protagoniste et sur le discours moralisateur que le film tient &agrave; son &eacute;gard. Ce traitement sc&eacute;naristique elliptique semble favoriser une r&eacute;p&eacute;tition du discours que le film tenait &agrave; propos de Zeina, une antagoniste cette fois, qui partage d&eacute;sormais avec Nour un m&ecirc;me &laquo;&nbsp;statut sexuel&nbsp;&raquo;&nbsp;: celui des professionnelles du sexe. L&rsquo;activit&eacute; sexuelle, justifi&eacute;e par le besoin financier, que Nour est contrainte &agrave; exercer, sera un propos att&eacute;nu&eacute; pour le spectateur. Cette fois l&rsquo;att&eacute;nuation ne se fera pas de mani&egrave;re linguistique, ni via des emprunts de mise en sc&egrave;nes import&eacute;es, mais se conformera &agrave; l&rsquo;h&eacute;ritage des processus moralisateurs des films commerciaux que nous avons eu l&rsquo;occasion de voir plus t&ocirc;t.</span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">Pour Nour, l&rsquo;abandon de sa &laquo;&nbsp;chastet&eacute;&nbsp;&raquo; symbolise son suicide. L&rsquo;att&eacute;nuation se fait en la transformant, hors cadre, en un personnage vil et repoussant, offert &agrave; la merci du d&eacute;gout du public&nbsp;: pareil au personnage de Zeina. L&rsquo;interruption d&eacute;finitive de sa pr&eacute;sence &agrave; l&rsquo;&eacute;cran s&rsquo;assimile &agrave; la disparition d&rsquo;Aida sous les vagues de la mer m&eacute;diterran&eacute;e dans <i>La dame aux lunes noires (Sayyidat al-aqm&acirc;r al-sawd&acirc;&rsquo;)</i> de Samir el Khoury.</span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">Lara Saba et Nibal Arakji ne s&rsquo;arr&ecirc;tent pas l&agrave; en ce qui concerne le sort de leurs personnages &laquo;&nbsp;sexualis&eacute;s&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;qui adoptent des attitudes import&eacute;es&nbsp;&raquo;&nbsp;:&nbsp;De son c&ocirc;t&eacute;, apr&egrave;s une chute violente, India fait le deuil de sa fausse couche et d&eacute;couvre qu&rsquo;elle ne pourra plus avoir d&rsquo;enfant, et Zeina perd d&eacute;finitivement son fils apr&egrave;s la fugue de ce dernier. Les personnages sexualis&eacute;s du sc&eacute;nario se retrouvent ainsi tous &laquo;&nbsp;punis&nbsp;&raquo; pour leurs modes de vies, soit localement tabous, soit inspir&eacute;s de l&rsquo;&eacute;tranger.</span></span></span></span></p> <h2 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span style="font-style:italic">Synth&egrave;se sur les usages bilingues au niveau du dialogue et de la mise en sc&egrave;ne</span></span></span></span></strong></span></h2> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">Lorsqu&rsquo;il est question de sujets sexuels dans un film qui adopte quand m&ecirc;me le &laquo;&nbsp;libanais blanc&nbsp;&raquo; comme dialecte, le metteur en sc&egrave;ne visera &agrave; att&eacute;nuer les propos en utilisant des dialogues en langues &eacute;trang&egrave;res. Au-del&agrave;, de cet usage &laquo;&nbsp;litt&eacute;ral&nbsp;&raquo; du bilinguisme au sens linguistique, d&#39;autres moyens d&#39;att&eacute;nuations qui ressemblent &agrave; ce moyen-l&agrave;, existent et sont mis &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre&nbsp;: notamment celui de l&#39;import de dispositifs de mises en sc&egrave;nes. Le film, &agrave; l&rsquo;instar de ses personnages, r&eacute;v&egrave;le alors son &laquo;&nbsp;bilinguisme&nbsp;&raquo; au sens m&eacute;taphorique. Le moyen de produire cette fonction d&#39;att&eacute;nuation qui part de la langue et se transpose en logique d&#39;emprunts de mises en sc&egrave;ne, constitue un proc&eacute;d&eacute; d&rsquo;&laquo;&nbsp;&eacute;trang&eacute;isation&nbsp;&raquo;. Pour ce que nous avons relev&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment, les personnages en question sont identifi&eacute;s comme libanais, et notre usage du mot bilingualit&eacute; s&rsquo;est rapport&eacute; autant &agrave; l&rsquo;usage des langues qu&rsquo;aux importations visuelles. Outre les dialogues et les dispositifs de mise en sc&egrave;ne, l&#39;int&eacute;gration de personnages &eacute;trangers (au risque de l&#39;invraisemblance) attenue davantage le propos sexuel. C&rsquo;est ce que nous verrons en d&eacute;tails dans la partie suivante.</span></span></span></span></p> <h1 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span new="" roman="" times="">De l&rsquo;importation du langage et des formes &agrave; l&rsquo;importation de l&rsquo;acteur et du personnage</span></span></span></span></strong></span></h1> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Les personnages &eacute;trangers, parlant (ou bien m&ecirc;me ne parlant pas) dans leurs langues natives, sont r&eacute;currents dans les films libanais. Certains ne font que partie du paysage di&eacute;g&eacute;tique. Leur &eacute;criture se veut cependant r&eacute;aliste&nbsp;; nous pensons notamment au st&eacute;r&eacute;otype des travailleuses du sexe dans les sc&egrave;nes de clubs. Dans <i>Very Big Shot (F&icirc;lm Kt&icirc;r Kb&icirc;r)</i><a href="#_ftn26" name="_ftnref26" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[26]</span></span></span></span></span></a> de Mir Jean Bou Chaaya o&ugrave; les prostitu&eacute;es sont les confidentes du personnage principal qui leur parle en anglais, ou m&ecirc;me aux danseuses de la bo&icirc;te de nuit hupp&eacute;e dans <i>Falafel</i><a href="#_ftn27" name="_ftnref27" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[27]</span></span></span></span></span></a><i> </i>de Michel Kammoun. Dans ce dernier film, Toufic, le personnage principal rejoint son ami &agrave; une soir&eacute;e dansante organis&eacute;e dans sa maison alors que ses parents sont absents. Sur place entre les rencontres incongrues que fait Toufic au cours de la soir&eacute;e, son h&ocirc;te lui pr&eacute;sente des s&oelig;urs jumelles avec qui, le contexte qui permet d&rsquo;interpr&eacute;ter, il envisage d&rsquo;organiser un &laquo;&nbsp;plan &agrave; trois&nbsp;&raquo;. Ces derni&egrave;res sont fran&ccedil;aises et s&rsquo;appellent respectivement Sophia et Lorraine&nbsp;: allusion &eacute;vidente &agrave; l&rsquo;actrice italienne Sofia Loren (prononciation identique et clin d&rsquo;&oelig;il culturel renfor&ccedil;ant la dimension gaguesque et ironique de la situation). Ce d&eacute;tail permet de doubler l&rsquo;usage du fran&ccedil;ais, comme att&eacute;nuation linguistique, d&rsquo;humour<a href="#_ftn28" name="_ftnref28" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[28]</span></span></span></span></span></a> rendant le propos sexuel sous-entendu d&rsquo;autant plus l&eacute;ger.</span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Dans d&rsquo;autres cas, ces personnages &eacute;trangers se voient attribuer un r&ocirc;le de plus grande importance. Ils assument des r&ocirc;les qui, bien que toujours coh&eacute;rents vis-&agrave;-vis des st&eacute;r&eacute;otypes attach&eacute;s &agrave; leurs nationalit&eacute;s respectives dans l&rsquo;imaginaire de la soci&eacute;t&eacute; libanaise, seraient encore difficiles &agrave; accepter s&rsquo;ils &eacute;taient attribu&eacute;s &agrave; des Libanais. Ces r&ocirc;les excessivement &laquo;&nbsp;sexualis&eacute;s&nbsp;&raquo; sont donc assur&eacute;s par des personnages dont l&#39;aspect (pratique ou esth&eacute;tique) provient d&#39;un ajustement &agrave; cette fonction bien d&eacute;termin&eacute;e. Ils ont pour objet de s&#39;adapter &agrave; cette fin particuli&egrave;re. Leurs nationalit&eacute;s ne sont en r&eacute;alit&eacute; pas essentielles au r&eacute;cit du film, du moment qu&rsquo;ils ne soient pas Libanais. Par exemple, le protagoniste &eacute;tranger&nbsp;(un allemand anglophone) du film <i>Yanoosak</i><a href="#_ftn29" name="_ftnref29" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[29]</span></span></span></span></span></a> d&rsquo;Elie Khalife semble con&ccedil;us &agrave; partir d&rsquo;une confrontation de points de vues sur la sexualit&eacute; des femmes beyrouthines. Cet &eacute;tranger se permet d&rsquo;explorer cette derni&egrave;re, les m&oelig;urs, habitudes et ambivalences culturelles qui s&rsquo;y rapportent. Ses actions sont repr&eacute;sent&eacute;es de son point de vue, celui de l&rsquo;&eacute;tranger, afin de permettre au public masculin libanais de &laquo;&nbsp;refuser&nbsp;&raquo; l&rsquo;identification. Le photographe fran&ccedil;ais du film de Danielle Arbid <i>Un homme perdu (Rajul ḍ&acirc;&rsquo;i˓)</i><a href="#_ftn30" name="_ftnref30" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[30]</span></span></span></span></span></a><i> </i>quant &agrave; lui, passe son temps au Liban &agrave; se d&eacute;fouler sexuellement dans des cabarets bon march&eacute; et mal fam&eacute;s. Inversement, dans son adaptation du roman de Chimo, <i>Lila dit &ccedil;a</i><a href="#_ftn31" name="_ftnref31" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[31]</span></span></span></span></span></a> le r&eacute;alisateur Ziad Doueiri utilise pour le personnage principal fran&ccedil;ais, Lila, une actrice d&rsquo;origine libanaise. Elle repr&eacute;sente la mani&egrave;re dont la communaut&eacute; arabe conservatrice de la banlieue parisienne per&ccedil;oit &laquo;&nbsp;l&rsquo;&eacute;mancipation&nbsp;&raquo; sexuelle europ&eacute;enne. La r&eacute;v&eacute;lation finale du film, d&eacute;voile que le gang de banlieusards s&rsquo;av&egrave;re &ecirc;tre constitu&eacute; de violeurs et que Lila &eacute;tait une jeune fille vierge abus&eacute;e par sa tante. </span></span></span></span></span></p> <h2 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span style="font-style:italic">L&rsquo;exemple de Et Maintenant On Va o&ugrave;&nbsp;? (W halla&rsquo; la-wayn)</span></span></span></span></strong></span></h2> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">La r&eacute;alisatrice libanaise Nadine Labaki se pr&eacute;sente comme &eacute;tant &agrave; la crois&eacute;e de deux identit&eacute;s bien distinctes <span class="CitationCar" new="" roman="" times=""><span style="color:#404040"><span style="font-style:italic">&laquo; Je me suis toujours pos&eacute; des questions &agrave; propos de la femme libanaise, oscillant moi-m&ecirc;me entre deux mondes, la culture occidentale moderne, qui nous offre l&#39;image d&#39;une femme &eacute;mancip&eacute;e, et l&#39;univers oriental, lourd de traditions</span></span></span><a href="#_ftn32" name="_ftnref32" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[32]</span></span></span></span></span></a><span class="CitationCar" new="" roman="" times=""><span style="color:#404040"><span style="font-style:italic">.</span></span></span><i>&nbsp;&raquo; </i>Dans <i>Et Maintenant On Va o&ugrave;&nbsp;? (W halla&rsquo; la-wayn) </i><a href="#_ftn33" name="_ftnref33" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[33]</span></span></span></span></span></a> (2011) elle poussera davantage le but de l&rsquo;incorporation du personnages &eacute;trangers.</span></span></span></span></span></p> <p align="center" class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><img height="413" src="https://www.numerev.com/img/ck_602_3_IMAGE RAJA FIG.2.jpg" width="620" /></span></p> <p align="center" class="MsoCaption" style="text-align:center; margin-bottom:13px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:9pt"><span new="" roman="" times=""><span style="font-style:italic"><b><span style="font-size:12.0pt"><span style="font-style:normal">Figure </span></span></b><b><span style="font-size:12.0pt"><span style="font-style:normal">2</span></span></b><b><span style="font-size:12.0pt"><span style="font-style:normal">.Capture d&rsquo;&eacute;cran du film Et maintenant on va ou &hellip; ? (W halla&rsquo; la-wayn) de Nadine Labaki</span></span></b></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Son film <i>Et maintenant on va o&ugrave;&nbsp;? (W halla&rsquo; la-wayn)</i> &eacute;vite de nommer le village dans lequel les actions se d&eacute;roulent, ne le localise jamais g&eacute;ographiquement, et plus important encore, le mot &laquo;&nbsp;Liban&nbsp;&raquo; n&rsquo;est jamais prononc&eacute;. La p&eacute;riode pendant laquelle ont lieu les &eacute;v&egrave;nements n&rsquo;est pas indiqu&eacute;e non plus. Ce parti pris donne une dimension de parabole au film, et &eacute;vite le risque d&rsquo;une contextualisation pol&eacute;mique. Malgr&eacute; cela, les s&eacute;quelles des conflits intercommunautaires que le pays conna&icirc;t depuis sa naissance sont repr&eacute;sent&eacute;es. Les coutumes, festivit&eacute;s, d&eacute;cors, et costumes sont aussi typiquement libanaises. On se retrouve dans un film de femmes, ces derni&egrave;res d&rsquo;appartenances communautaires diff&eacute;rentes, repr&eacute;sentant plusieurs g&eacute;n&eacute;rations et parlant avec des accents vari&eacute;s. Le film renverse les rapports hi&eacute;rarchiques en place. Des protagonistes de sexe f&eacute;minin engag&eacute;s &agrave; pr&eacute;server la paix dans leur village acc&egrave;dent au pouvoir, d&eacute;tr&ocirc;nant les repr&eacute;sentants d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; patriarcale et du pouvoir religieux. Ces femmes, assumant des dimensions &eacute;rotiques et politiques, sont repr&eacute;sent&eacute;es pendant leur ascension au pouvoir, d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;importance d&rsquo;int&eacute;grer un facteur d&rsquo;att&eacute;nuation au film qui assurera une r&eacute;ception spectatorielle locale favorable. </span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="line-height:150%">Au cours du r&eacute;cit appara&icirc;t la n&eacute;cessit&eacute; de d&eacute;noncer explicitement le fait que les hommes du village pr&eacute;f&egrave;rent assouvir leurs fantasmes sexuels plut&ocirc;t que de d&eacute;fouler leurs pulsions violentes. Les femmes du village d&eacute;cident de satisfaire le besoin de ces hommes. C&rsquo;est l&agrave; que rentre en jeu le processus d&rsquo;att&eacute;nuation de l&rsquo;importation du personnage &eacute;tranger. On nous pr&eacute;sente une troupe de strip-teaseuses de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, en tourn&eacute;e au Liban. Les sc&eacute;naristes int&egrave;grent des personnages de travailleuses du sexe &eacute;trang&egrave;res pour avoir acc&egrave;s aux caract&eacute;risations st&eacute;r&eacute;otyp&eacute;es admises &agrave; ces derni&egrave;res. Le r&ocirc;le des femmes du village est transpos&eacute; &agrave; ces nouvelles venues. Il s&rsquo;agit pour ce cas de la fonction de maintenir la &laquo;&nbsp;paix&nbsp;&raquo; au village. En cons&eacute;quence, les valeurs revendiqu&eacute;es au niveau local se voient transpos&eacute;e &agrave; un personnage &eacute;tranger, sans oublier que ce dernier s&rsquo;accompagne d&eacute;j&agrave; de tout un bagage culturel et repr&eacute;sentationnel import&eacute;. Ce faisant, les protagonistes f&eacute;minins du village conservent leur &laquo;&nbsp;chastet&eacute;&nbsp;&raquo; en d&eacute;l&eacute;guant leur &laquo;&nbsp;statut sexuel&nbsp;&raquo; &agrave; un groupe de professionnelles du sexe &eacute;trang&egrave;res, au risque de l&rsquo;invraisemblance. Ces r&ocirc;les auraient pu &ecirc;tre, th&eacute;oriquement, attribu&eacute;s &agrave; des personnages libanais locaux, mais la r&eacute;ception d&rsquo;un tel sc&eacute;nario est encore loin d&rsquo;&ecirc;tre accept&eacute;e localement. Elle requiert toujours l&rsquo;intervention du personnage import&eacute; pour assurer les fonctions sc&eacute;naristiques relatives aux th&eacute;matiques d&rsquo;ordre sexuel en introduisant une posture qui &eacute;vite au spectateur de se sentir appel&eacute; &agrave; s&#39;identifier<a href="#_ftn34" name="_ftnref34" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[34]</span></span></span></span></span></a>.</span></span></span></span></span></p> <h1 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid">Synth&egrave;se et conclusion</span></span></span></strong></span></h1> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">On aura pu constater combien dans les films libanais post&eacute;rieurs &agrave; la guerre civile, la fonction d&#39;att&eacute;nuation &eacute;voqu&eacute;e par Kotob &agrave; propos de la &quot;bilingualit&eacute;&quot; peut &ecirc;tre transpos&eacute;e &agrave; des proc&eacute;d&eacute;s cin&eacute;matographiques att&eacute;nuants des sc&egrave;nes d&eacute;peignant le sexe ou le th&eacute;matisant.</span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">Aussi, nous avons eu l&rsquo;occasion, au cours de notre travail de recherche, de mettre en &eacute;vidence les r&eacute;currences des processus moralisateurs manich&eacute;ens et la redondance de leurs assimilations &agrave; des identit&eacute;s reconnues comme locales ou &eacute;trang&egrave;res, dans le cin&eacute;ma libanais pr&eacute;c&eacute;dant la fin de la guerre civile. H&eacute;ritiers de ces classiques du cin&eacute;ma commercial local, les films de la nouvelle g&eacute;n&eacute;ration, celle de l&rsquo;apr&egrave;s-guerre, empruntent des dispositifs de mise en sc&egrave;ne import&eacute;s des grands succ&egrave;s &eacute;trangers pour mieux faire passer des sc&egrave;nes d&eacute;peignant le sexe ou le th&eacute;matisant aupr&egrave;s de leurs publics et de la critique. De plus, un moyen de distanciation efficace par rapport &agrave; ces sujets encore difficilement accept&eacute;s se r&eacute;v&egrave;le &ecirc;tre l&rsquo;usage des dialectes &eacute;trangers, comme Kotob l&rsquo;a analys&eacute; dans son article, &laquo;&nbsp;euph&eacute;misent&nbsp;&raquo; la valeur conceptuelle des mots ou situations auxquels ils renvoient. Cette distanciation est aussi efficace dans le cin&eacute;ma lorsque le personnage qui tient des paroles ou des actions d&rsquo;ordre sexuel est &eacute;tranger et/ou est jou&eacute; par un acteur &eacute;tranger. Ce processus permet d&#39;&eacute;viter au spectateur libanais d&#39;&ecirc;tre la proie d&#39;une identification trop rapproch&eacute;e. Nous pourrions rassembler l&rsquo;ensemble de ces proc&eacute;d&eacute;s &laquo; d&rsquo;&eacute;trang&eacute;isation &raquo; sous l&rsquo;expression de &laquo; bilingualit&eacute; filmique &raquo;.</span></span></span></span></p> <h2 style="text-align:justify; margin-top:3px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span new="" roman="" times="">Bibliographie</span></span></span></span></strong></span></h2> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="font-weight:normal">ARKADIUSZ, P. (2006). <i>&laquo; Le nationalisme linguistique au Liban autour de Sa&lsquo;īd &lsquo;Aql et l&rsquo;id&eacute;e de langue libanaise &raquo;</i> Lebnaan, Arabica, 53 (4). P. 423&ndash;471.</span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="font-weight:normal">EL-HAGE, A.M. (2015). &laquo; <i>Dans les &eacute;coles libanaises, le fran&ccedil;ais ou l&rsquo;anglais ?</i> &raquo;. <em>l&rsquo;Orient-le Jour&nbsp; en ligne]. </em>Publi&eacute; le 03.08.2015. Consult&eacute; le 01.04.2020 sur&nbsp;https://www.lorientlejour.com/article/937383/dans-les-ecoles-libanaises-le-francais-ou-langlais-.html</span></span></span></span></span></span></span></p> <p style="text-align:justify; margin-bottom:11px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">EL-HORR, D. (2016). <i>M&eacute;lancolie libanaise: le cin&eacute;ma apr&egrave;s la guerre civile</i>. Paris&nbsp;: L&rsquo;Harmattan.</span></span></span></span></p> <p style="text-align:justify; margin-bottom:11px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span style="background:white"><span style="color:black">KOTOB, H. (2007). &quot;Le nouvel ordre linguistique dans la soci&eacute;t&eacute; libanaise.&quot;&nbsp;<i>Emprunts linguistiques, Empreintes culturelles. [Fabienne Baider]. </i>Paris : L&rsquo;Harmattan 87-99.</span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">LSUP (Lebanese Syriac Union Party). Vid&eacute;o en ligne sur Facebook. [Consult&eacute;e le 29/09/20]</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="font-weight:normal">MOUAWAD, W. (2012).&nbsp;<i>Petite r&eacute;flexion sur le n&eacute;o-orientalisme. Le cas Nadine Labaki</i>,<i> </i>Les Cahiers de l&#39;Orient, vol. 106, no. 2, 99-104.</span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="font-weight:normal">TALEB, N.-N. (2018).</span><span lang="EN-US" style="font-weight:normal">&nbsp;<i>&laquo; No, Lebanese is not a &ldquo;dialect of&rdquo; Arabic &raquo;</i>, [en ligne]&nbsp;&nbsp;Medium.com.&nbsp;</span><span style="font-weight:normal">Publi&eacute; le 02.01.2018. Consult&eacute; le 29.09.2020 sur&nbsp;https://medium.com/east-med-project-history-philology-and-genetics/no-lebanese-is-not-a-dialect-of-arabic-e95320c164c</span></span></span></span></span></span></span><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="font-weight:normal">&nbsp;</span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-size:16px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">VERLEYN, S.&nbsp;(2013)</span></span>. La phonologie diachronique de Martinet, et ses sources pragoises . Dossiers d&rsquo;HEL, SHESL, 2013, Les structuralismes linguistiques : probl&egrave;mes d&rsquo;historiographie compar&eacute;e, 3, pp.1-31. ffhal-01311991f</span></span></p> <h2 style="text-align: justify; margin-top: 3px;"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span new="" roman="" times="">Annexe&nbsp;1&nbsp;:&nbsp;</span></span></span></span></strong><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%">Corpus&nbsp;filmique</span></span></span></span></span></h2> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">Beirut intersections (Qussit thaw&acirc;ni), Lara Saba, 2012.</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">Les Chattes de la rue Hamra (Quṭat &scaron;&acirc;ri˓ al- ḥamr&acirc;), Samir Ghossayni, Liban, 1972.</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">La Dame aux Lunes Noires (Sayyidat al-aqm&acirc;r al-sawd&acirc;&rsquo;), Samir el Khoury, Liban, Egypte, 1971.</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">Falafel, Michel Kammoun, Liban/ France, 2006.</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">Un Homme perdu (Rajul ḍ&acirc;&rsquo;i˓), Danielle Arbid, Mk2 productions, France, Liban, 2007.</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">Lila dit &ccedil;a, Ziad Doueiri, France, Royaume-Uni, 2005.</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">Et Maintenant on va o&ugrave; ? (W halla&rsquo; la-wayn), Nadine Labaki, France, Liban, Egypte, Italie, 2011.</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">Le Territoire de Rose (ḫellat Wardi), Adel Serhan, Beirut International Center Production, Liban, 2011.</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span lang="EN-US" style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">Very Big Shot (F&icirc;lm Kt&icirc;r Kb&icirc;r), Mir Jean Bou Chaaya, Kabreet Production, Liban/Qatar, 2015.</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span lang="EN-US" style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">West Beyrouth (Bayr&ucirc;t al- ġarbiya), Ziad Doueiri, Liban, Belgique, France, Norv&egrave;ge, 1998.</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <p class="StyleCorpsdetexteJustifi1" style="text-align:justify; text-indent:5.65pt; margin-top:8px; margin-bottom:8px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times=""><span class="Titre2Car" new="" roman="" times=""><span style="font-weight:bold"><span lang="EN-US" style="line-height:150%"><span style="font-weight:normal">Yanoosak, Elie Khalife et Alexandre Monier, Abbout Production, Liban, 2010.</span></span></span></span></span></span></span></span></p> <h2 style="text-align:justify; margin-top:3px"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><strong><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:150%"><span style="break-after:avoid"><span new="" roman="" times="">Annexe&nbsp;2 : Tableau de transcription des caract&egrave;res arabes</span></span></span></span></strong></span></h2> <p><img height="127" src="https://www.numerev.com/img/ck_602_3_IMAGE RAJA FIG.3.JPG" width="570" /></p> <p style="margin-bottom:11px">&nbsp;</p> <div>&nbsp; <hr align="left" size="1" width="33%" /> <div id="ftn1"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[1]</span></span></span></span></span></a> Et/ou religieux et/ou politique en ce qui concerne le Liban.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn2"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref2" name="_ftn2" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[2]</span></span></span></span></span></a> Souvent jou&eacute;s par un acteur arabe et/ou libanais.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn3"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref3" name="_ftn3" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[3]</span></span></span></span></span></a>&laquo; Je parlerais volontiers de n&eacute;o-orientalisme. Alors que l&rsquo;orientalisme consistait &agrave; repr&eacute;senter des populations autochtones selon un discours exotique par un artiste &eacute;tranger, le n&eacute;o-orientalisme consiste en grande partie &agrave; repr&eacute;senter des populations autochtones selon un discours exotique par un artiste autochtone soutenu et financ&eacute; par l&rsquo;&eacute;tranger. Le n&eacute;o-orientalisme est un pendant du n&eacute;o-colonialisme dont il mime le m&eacute;canisme.&nbsp;&raquo;. (Mouawad, 2012). Petite r&eacute;flexion sur le n&eacute;o-orientalisme : Le cas Nadine Labak.&nbsp;<i>Les Cahiers de l&#39;Orient</i>, 2(2), 99-104.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn4"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref4" name="_ftn4" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[4]</span></span></span></span></span></a> &laquo;&nbsp;Martinet renvoie &agrave; Zipf (1949) en introduisant le concept de l&rsquo;&eacute;conomie. Zipf a d&eacute;gag&eacute; une antinomie tout &agrave; fait semblable, qu&rsquo;il appelle <i>principle of least effort</i>:&nbsp; l&rsquo;homme cherche, dans toute activit&eacute;, &agrave; minimiser l&rsquo;effort n&eacute;cessaire &agrave; atteindre le but qu&rsquo;il s&rsquo;est fix&eacute;. Si l&rsquo;effort fourni semble parfois excessif, il est pourtant toujours en raison de l&rsquo;objectif vis&eacute;. Cette &ldquo;loi du moindre effort&rdquo; semble aussi dominer la pratique langagi&egrave;re de l&rsquo;homme: selon Martinet, il cherchera &agrave; minimiser l&rsquo;&ldquo;effort&rdquo; d&eacute;pens&eacute; &agrave; parler.&nbsp;&raquo; (Verleyn, 2013, p.18)</span></span></span></p> <p class="MsoFootnoteText">&nbsp;</p> </div> <div id="ftn5"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref5" name="_ftn5" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[5]</span></span></span></span></span></a> Proche-Orient&nbsp;: le bassin levantin, partie orientale de la mer M&eacute;diterran&eacute;e. Au bord de la c&ocirc;te maritime. Le Liban faisait jadis parti de la r&eacute;gion historique du Moyen-Orient nomm&eacute;e &laquo;&nbsp;la Grande Syrie&nbsp;&raquo;.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn6"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref6" name="_ftn6" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[6]</span></span></span></span></span></a> Plusieurs chercheurs, linguistes, philosophes, artistes et anthropologues ont formul&eacute; des th&eacute;ories semblables.</span></span></span></p> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times="">L&agrave; o&ugrave; les &eacute;crits de Said Akl voient le libanais comme une langue ind&eacute;pendante prenant naissance dans le ph&eacute;nicien&nbsp;: </span></span></span></p> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times="">ARKADIUSZ P. (2006) &laquo; Le nationalisme linguistique au Liban autour de Sa&lsquo;īd &lsquo;Aql et l&rsquo;id&eacute;e de langue libanaise &raquo; Lebnaan, Arabica, 53 (4). P. 423&ndash;471</span></span></span></p> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times="">les recherches de l&rsquo;association Lebanese Syriac Union Party (LSUP) soutiennent la th&egrave;se que le libanais n&rsquo;est que l&rsquo;&eacute;volution du syriaque.</span></span></span></p> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times="">LSUP (Lebanese Syriac Union Party). Vid&eacute;o en ligne sur Facebook. [Consult&eacute;e le 29/09/20]</span></span></span></p> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times="">Nassim Nicholas Taleb dresse le tableau presque exhaustif de toutes les langues s&eacute;mitiques et leurs ressemblances avec le libanais,</span></span></span></p> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times="">TALEB, N.N., &laquo; No, Lebanese is not a &ldquo;dialect of&rdquo; Arabic &raquo;, en ligne sur la plateforme Medium. [Consult&eacute; le 29/09/20]</span></span></span></p> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times="">&nbsp;et plusieurs chercheurs ind&eacute;pendants, dont P&egrave;re Georges Kamel (bas&eacute; actuellement &agrave; Burj Hammoud), poursuivent des recherches non financ&eacute;es sur la grammaire du libanais et le foss&eacute; qui la s&eacute;pare de l&rsquo;arabe litt&eacute;raire.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn7"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref7" name="_ftn7" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[7]</span></span></span></span></span></a> Le Liban fut sous l&#39;Empire ottoman de 1516 &agrave; 1918.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn8"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref8" name="_ftn8" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[8]</span></span></span></span></span></a> Notamment avec la popularisation de l&rsquo;internet dans les ann&eacute;es 90.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn9"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref9" name="_ftn9" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[9]</span></span></span></span></span></a> Je renvoie ceux qui s&rsquo;int&eacute;ressent &agrave; ce sujet en particulier vers cet article tr&egrave;s d&eacute;taill&eacute; (et toujours pertinent) du quotidien <i>l&rsquo;Orient-le Jour</i> qui rapporte les propos des deux ambassadeurs de France, Patrice Paoli, et de Grande-Bretagne, Tom Fletcher&nbsp;: </span></span></span></p> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><span style="text-transform:uppercase">el-Hage </span>Anne-Marie, &laquo;&nbsp;Dans les &eacute;coles libanaises, le fran&ccedil;ais ou l&rsquo;anglais ?&nbsp;&raquo; <i>l&rsquo;Orient-le Jour,</i>Liban<i>, </i>3/8/2015. En Ligne&nbsp;: <a href="https://www.lorientlejour.com/article/937383/dans-les-ecoles-libanaises-le-francais-ou-langlais-.html" style="color:#0563c1; text-decoration:underline">https://www.lorientlejour.com/article/937383/dans-les-ecoles-libanaises-le-francais-ou-langlais-.html</a> [Consult&eacute; le 27/09/2020]</span></span></span></p> </div> <div id="ftn10"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref10" name="_ftn10" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[10]</span></span></span></span></span></a> Kotob fait partie d&rsquo;ailleurs de l&rsquo;&eacute;quipe d&rsquo;enseignants et th&eacute;oriciens d&rsquo;ateliers qui initient les acteurs, pr&eacute;sentateurs et sc&eacute;naristes au libanais blanc. </span></span></span></p> </div> <div id="ftn11"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref11" name="_ftn11" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[11]</span></span></span></span></span></a> <i>West Beyrouth (Bayr&ucirc;t al- ġarbiya</i>), Ziad Doueiri, Liban, Belgique, France, Norv&egrave;ge, 1998.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn12"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref12" name="_ftn12" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[12]</span></span></span></span></span></a> <i>Le territoire de Rose (ḫellat Wardi),</i> Adel Serhan, Beirut International Center Production, Liban, 2011.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn13"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref13" name="_ftn13" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[13]</span></span></span></span></span></a>, <i>Rue Huvelin,</i> Mounir Masri, Safina Production, Liban, 2011.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn14"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref14" name="_ftn14" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[14]</span></span></span></span></span></a> Terme employ&eacute; par Dima el Horr dans sa description du film de Samir el Ghossayni,</span></span></span></p> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times="">Dima El-Horr &laquo;&nbsp;M&eacute;lancolie Libanaise&nbsp;: Le cin&eacute;ma apr&egrave;s la guerre civile&nbsp;&raquo;, l&rsquo;Harmattan, 2016.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn15"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref15" name="_ftn15" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[15]</span></span></span></span></span></a> Plus de vingt longs m&eacute;trages de fiction entre son premier film en 1972 et 1983.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn16"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref16" name="_ftn16" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[16]</span></span></span></span></span></a> <i>Les Chattes de la rue Hamra (</i><i>Quṭat &scaron;&acirc;ri˓ al- ḥamr&acirc;</i><i>),</i> Samir Ghossayni, Liban, 1972.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn17"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref17" name="_ftn17" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[17]</span></span></span></span></span></a>&nbsp; Samir Ghossayni, cit&eacute; dans <i>informations, </i>Beyrouth&nbsp;: Centre Interarabe du cin&eacute;ma et de la t&eacute;l&eacute;vision, 5 mars 1971, num&eacute;ro 90-91, p.6-7.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn18"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref18" name="_ftn18" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[18]</span></span></span></span></span></a> Dima El-Horr <i>M&eacute;lancolie Libanaise&nbsp;: Le cin&eacute;ma apr&egrave;s la guerre civile</i>, l&rsquo;Harmattan, 2016, p.57.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn19"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref19" name="_ftn19" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[19]</span></span></span></span></span></a> Sous-entendu en cons&eacute;quence de ses actes irresponsables et d&eacute;prav&eacute;s.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn20"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref20" name="_ftn20" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[20]</span></span></span></span></span></a> <i>La Dame aux Lunes Noires (</i><i>Sayyidat al-aqm&acirc;r al-sawd&acirc;&rsquo;),</i> Samir el Khoury, Liban, Egypte, 1971.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn21"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref21" name="_ftn21" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[21]</span></span></span></span></span></a> <i>Beirut intersections, (Qussit thaw&acirc;ni),</i> Lara Saba, Liban, 2012. </span></span></span></p> </div> <div id="ftn22"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref22" name="_ftn22" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[22]</span></span></span></span></span></a> La vie quotidienne au Liban permet de reconna&icirc;tre intuitivement les affiliations et connotations des pr&eacute;noms et noms de familles d&rsquo;usages. Ceux qui se retrouvent dans le fond commun des pr&eacute;noms d&rsquo;usages &agrave; toutes les communaut&eacute;s libanaises confondues d&eacute;pourvus de possibilit&eacute;s de connotations comme&nbsp;: Samir, Rami, Rima, Zeina, Nasri, Badih, Malek, Noura, Maya, Maha(&hellip;) n&rsquo;ont d&rsquo;affiliation directe ni religieuse comme auraient ceux d&rsquo;Elie, Georges, Mohammad, Mahmoud,(chr&eacute;tiens et musulmans) ni communautaire&nbsp;: Maroun, Omar, Hussein, Nicolas, (respectivement : maronite, sunnite, chiite, orthodoxe) ni encore r&eacute;gionale comme le seraient par exemple les familles Tawk et les Keyrouz de Becharr&eacute;, ni politique comme le d&eacute;signeraient facilement les Jumblatt, Geagea, Gemayel, Berri, et finalement, ni traditionnelle comme les pr&eacute;noms Louai, Yasser, Rayan et les noms d&rsquo;Emirs comme Chehab, Maan ou Erslan (Etc.)</span></span></span></p> </div> <div id="ftn23"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref23" name="_ftn23" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[23]</span></span></span></span></span></a> <i>Friends</i>, David Crane, Marta Kauffman, USA (1994,2004) s&eacute;rie qui a re&ccedil;u un accueil tr&egrave;s favorable des t&eacute;l&eacute;spectateurs libanais lors de sa diffusion sur les cha&icirc;nes locales libanaises dans les ann&eacute;es 90.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn24"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref24" name="_ftn24" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[24]</span></span></span></span></span></a> De 00&nbsp;:00&nbsp;:48&nbsp;:00 &agrave; 00&nbsp;:03&nbsp;:21&nbsp;:00. (TC)</span></span></span></p> </div> <div id="ftn25"> <p class="MsoFootnoteText" style="text-align:justify"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref25" name="_ftn25" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[25]</span></span></span></span></span></a> Entre autre&nbsp;: le refus de son pr&ecirc;t bancaire, la coupure &eacute;lectrique due aux factures impay&eacute;es, les appels de menace de la banque qui lui annoncent la r&eacute;cup&eacute;ration de sa maison, son&nbsp;&eacute;puisement physique et mental d&ucirc; &agrave; son manque de sommeil et &agrave; son surmenage, son anxi&eacute;t&eacute; universitaire, la maladie de sa grand-m&egrave;re, la perte de son travail pour avoir refus&eacute; violemment les avances du fils du milliardaire &hellip;</span></span></span></p> </div> <div id="ftn26"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref26" name="_ftn26" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[26]</span></span></span></span></span></a><i> Very Big Shot (</i><i>F&icirc;lm Kt&icirc;r Kb&icirc;r</i><i>),</i> Mir Jean Bou Chaaya, Kabreet Production, Liban/Qatar, 2015.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn27"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref27" name="_ftn27" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[27]</span></span></span></span></span></a> <i>Falafel,</i> Michel Kammoun, Liban/ France, 2006.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn28"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref28" name="_ftn28" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[28]</span></span></span></span></span></a> Cette sc&egrave;ne ressemble plut&ocirc;t au registre du gag puisqu&rsquo;il n&rsquo;est plus question de ces deux personnages dans la suite des p&eacute;rip&eacute;ties du film. </span></span></span></p> </div> <div id="ftn29"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref29" name="_ftn29" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[29]</span></span></span></span></span></a> <i>Yanoosak,</i> Elie Khalife et Alexandre Monier, Abbout Production, Liban, 2010.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn30"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref30" name="_ftn30" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[30]</span></span></span></span></span></a> <i>Un homme perdu (</i><i>Rajul ḍ&acirc;&rsquo;i˓),</i> Danielle Arbid, Mk2 productions, France, Liban, 2007.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn31"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref31" name="_ftn31" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[31]</span></span></span></span></span></a> <i>Lila dit &ccedil;a</i>, Ziad Doueiri, France, Royaume-Uni, 2005. </span></span></span></p> </div> <div id="ftn32"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref32" name="_ftn32" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[32]</span></span></span></span></span></a> Nadine Labaki cit&eacute;e dans Emmanuelle Frois, Le Figaro, 15 ao&ucirc;t 2007.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn33"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref33" name="_ftn33" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[33]</span></span></span></span></span></a> <i>Et maintenant on va ou &hellip;&nbsp;? (</i><i>W halla&rsquo; la-wayn)</i> Nadine Labaki France, Liban, Egypte, Italie, 2011.</span></span></span></p> </div> <div id="ftn34"> <p class="MsoFootnoteText"><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="font-size:12pt"><span new="" roman="" times=""><a href="#_ftnref34" name="_ftn34" style="color:#0563c1; text-decoration:underline" title=""><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span class="MsoFootnoteReference" style="vertical-align:super"><span style="font-size:12.0pt"><span style="line-height:150%"><span new="" roman="" times="">[34]</span></span></span></span></span></a> Notons bien que si le film respectait strictement sa forme de parabole, ne sp&eacute;cifiant au cours de ce processus aucun lieu ni date, il n&rsquo;aurait aucun avantage &agrave; r&eacute;v&eacute;ler ces jeunes femmes comme &eacute;tant ukrainiennes, tout comme les villageois d&rsquo;ailleurs, ne r&eacute;v&egrave;lent jamais qu&rsquo;ils sont libanais.</span></span></span></p> </div> </div>

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L’ordre hégémonique au prisme du journalisme électronique Etude du roman Hot Maroc de Yāsīn ʿAdnān

Mohamed-Chawki BEN HASSEN

Cette contribution se propose d’étudier les moyens mis en œuvre par Yāsīn ʿAdnān dans Hot Maroc pour représenter l’interaction d’une société donnée (Marrakech du début de notre siècle) avec l’avènement d’un nouvel outil médiatique : le journalisme électronique. Considérant le journalisme comme un outil de maintien de l’hégémonie sociale, nous nous appuyons sur ce concept sociologique pour étudier le roman, et mettre au jour les procédés de dénonciation par l’auteur du rôle joué par un journal numérique, au niveau individuel...

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